La créativité ? Le résultat d’erreurs de raisonnement…


  • Serge Cannasse
  • Actualités Médicales
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La curiosité serait un des attributs de l’intelligence humaine. Ce postulat repose sur une hypothèse très forte, mais rarement explicite : au moment d’un choix, l’esprit humain évalue les différentes options sans faire d’erreur, en se basant sur ses expériences passées. Une équipe de recherche de l’Inserm ( Institut national de la santé et de la recherche médicale) du Laboratoire de neurosciences cognitives et computationnelles (LNC2) a voulu tester cette hypothèse. En effet, dans un travail antérieur, un de ses membres avait montré que « notre capacité à faire le bon choix sur la base d’indices partiels est limitée par des erreurs de raisonnement au moment de combiner ces indices, et non par des hésitations au moment des choix . » 

Pour vérifier si ces erreurs, plutôt que la curiosité, pouvaient rendre compte d’une partie de ces choix, ils ont étudié le comportement d’une centaine de sujets au cours d’un jeu de machines à sous consistant à choisir entre deux symboles associés à des récompenses incertaines. Ils ont mobilisé un modèle théorique inédit développé par l’un d’eux.

Ils ont alors réalisé que plus de la moitié des choix habituellement considérés comme relevant de la curiosité était en réalité due à des erreurs d’évaluation, effectuées à l’insu des sujets, qui ont « l’impression de choisir le meilleur symbole et non pas le plus incertain, en le faisant sur la base de mauvaises informations résultant d’erreurs de raisonnement. »

En soumettant certains d’entre eux à une IRMf (imagerie par résonnance magnétique fonctionnelle), les chercheurs ont montré que plus l’activité du cortex cingulaire antérieur, impliqué dans la prise de décision, était importante au moment de l’évaluation des options, plus les erreurs d’évaluation étaient importantes.

En somme, le cerveau utiliserait ses propres erreurs pour effectuer des choix vers l’inconnu, sans s’appuyer sur de la curiosité. « C’est une vision radicalement différente des théories actuelles qui considèrent ces erreurs comme négligeables », conclut un des chercheurs de ce travail publié dans Nature Neuroscience .