La COVID-19 fait-elle grimper le risque l’acidocétose de vos patients diabétiques ?

  • Misra S & al.
  • Lancet Diabetes Endocrinol

  • Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir

Une étude anglaise publiée dans The Lancet, a comparé le taux d’admission hospitalière pour acidocétose, ainsi que les caractéristiques des patients concernés durant la pandémie par rapport aux mêmes données recueillies sur les trois précédentes années. 

Les résultats montrent clairement :

  • un risque global d’hospitalisation pour acidocétose diabétique accru durant la première vague de COVID-19, après celle-ci et lors de la seconde vague ;
  • en revanche, le risque était globalement diminué chez les diabétiques de type 1 (DT1) et augmenté chez les diabétiques de type 2 (DT2) ;
  • l’augmentation constatée chez les DT2 était plus forte chez les sujets nouvellement diagnostiqués.

Les auteurs invitent à la vigilance vis-à-vis de ce risque en cette période de pandémie chez les patients DT2 notamment chez ceux nouvellement diagnostiqués.

Pourquoi ces données sont-elles intéressantes ?

L’acidocétose diabétique est la conséquence d’une décompensation métabolique aiguë chez les sujets ayant un diabète ancien ou nouvellement diagnostiqué. Elle est plus fréquente chez les sujets DT1 et la survenue d’une infection est l’un des facteurs de risque les plus souvent rencontrés. De nombreuses études ont suggéré que l’infection par le SARS-CoV-2 augmentait le risque d’acidocétose diabétique. Le fait que l’acidocétose diabétique dure plus longtemps et soit associée à un risque plus important de décès laisse supposer que le SARS-CoV-2 pourrait avoir une action directe sur le pancréas.

Méthodologie

Les informations utilisées pour les analyses proviennent des bases de données nationales anglaises d’admission en service d’urgence pour acidocétose diabétique. Les données recueillies durant la période du 1er mars au 30 juin 2020 (1ère vague de COVID-19), et du 1er novembre 2020 au 28 février 2021 (seconde vague) ont été comparées à celles de périodes équivalentes entre 2017 et 2020.

Principaux résultats

Au total, 8.553 admissions pour acidocétose diabétique ont été enregistrées au cours de la première vague et 10.235 durant la seconde. Ces chiffres correspondent à une augmentation significative de 6% et 7% respectivement par rapport aux mêmes périodes des moyennes des trois années précédentes.

Lors de la première vague, il a été observé :

  • Chez les DT1, une diminution de 19% du nombre d’admissions hospitalières pour acidocétose diabétique ;
  • Chez les DT2, une augmentation de 41% chez ceux déjà connus et de 57% chez ceux nouvellement diagnostiqués. Pour cette dernière catégorie, tous les groupes d’âges ont été concernés, mais les admissions hospitalières étaient significativement plus élevées chez les hommes et les sujets d’origine non-caucasienne.

Après la première vague :

  • Par rapport à la période pré-pandémique, les taux d’admission hospitalière pour acidocétose diabétique ne sont pas revenus à leurs niveaux antérieurs, ils étaient inférieurs de 14% chez les DT1, supérieurs de 30% chez les DT2 connus et supérieurs de 56% chez patients DT2 nouvellement diagnostiqués.

Au cours de la seconde vague de COVID-19 :

  • Par rapport à la moyenne de la période équivalente des trois précédentes années, le taux d’admission hospitalière pour acidocétose diabétique était inférieur de 25% chez les DT1, et supérieur de 50% chez les DT2 déjà connus et supérieur de 61% chez les DT2 nouvellement diagnostiqués.