La Corse, un territoire à forte séroprévalence du virus de l’hépatite E

  • Capai L & al.
  • Microorganisms
  • 16 oct. 2019

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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Messages principaux

  • Au total, 56,1% des personnes ayant donné leur sang en Corse entre décembre 2017 et janvier 2018 présentaient des IgG anti-VHE (virus de l’hépatite E), confirmant la haute endémicité du virus sur l’île. Ce chiffre était supérieur chez les hommes, chez les sujets nés en Corse et était d’autant plus élevé que l’âge du donneur était élevé.

  • De nouvelles études sont nécessaires pour comprendre l’origine de cette haute séroprévalence, les disparités observées au sein de la population locale et l’épidémiologie chez les moins de 18 ans.

Au cours des 20 dernières années, la surveillance de l’infection par le VHE a permis de mieux connaître les risques liés à ce virus de la famille des Hepeviridae. Il existe 1 sérotype et 4 génotypes qui suivent soit une transmission interhumaine par voie orofécale (VEH-1 et 2) avec notamment une présence dans l’eau et les systèmes d’assainissement de pays pauvres ou en développement, soit une transmission sporadique, par l’eau ou les animaux (porc, sanglier, cerf) dans les pays industrialisés. Des données récentes concernant l’épidémiologie du virus en France suggèrent une prévalence forte du VHE en Corse. Aussi, une étude exhaustive a été conduite à partir des échantillons sanguins de toutes les personnes ayant donné leur sang en Corse entre septembre 2017 et janvier 2018.

La séroprévalence croît de 0,62 à 0,72% à chaque année supplémentaire

L’étude a été menée à partir des échantillons issus de 2.705 donneurs (âge moyen 42 ans, 50,2% d’hommes). Ils étaient 56,1% à présenter des IgG anti-VHE : ce chiffre était supérieur chez les hommes, chez les sujets nés en Corse et était d’autant plus élevé que le donneur était âgé.

Selon les analyses univariées et multivariées, les hommes avaient plus souvent été infectés (60,0% vs 52,2% chez les femmes), ainsi que les personnes nées sur l’île (60,6% vs 52,3%). Par ailleurs, la séroprévalence était d’autant plus importante que les personnes étaient âgées : elle augmentait ainsi de 0,62% et de 0,72% chez les hommes et chez les femmes pour chaque année supplémentaire entre 18 et 57 ans.

La quantification des IgG a montré que la plupart des personnes qui avaient des taux faibles, 17,6% des femmes et 11,04% des hommes ayant un titre supérieur à 10 UI/mL.