La consommation de poisson durant la grossesse est-elle bénéfique pour l’enfant ?

  • Stratakis N & al.
  • JAMA Netw Open
  • 2 mars 2020

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir 

Une étude vient de montrer que la consommation modérée de poisson durant la grossesse (1-3 fois par semaine) est associée à une moindre sécrétion de cytokines pro-inflammatoires et à une amélioration du profil métabolique de l’enfant à naître. Les résultats révèlent qu’une consommation modérée de poisson associée - par le choix des poissons - à une faible exposition au mercure constituerait la meilleure option pour le profil métabolique de l’enfant.

Intérêt de cette étude

D’un côté, les poissons sont une source importante d’acides gras polyinsaturés oméga-3 à longue chaîne aux propriétés anti-inflammatoires et sont associés à un bénéfice cardiométabolique. D’un autre côté, certains poissons sont des sources d’exposition au mercure bien connue. De fait, il est intéressant de pouvoir faire le point sur le sujet pour savoir si au global la consommation de poisson est bénéfique ou pas pour l’enfant durant cette période de vie.

Protocole de l’étude

Cette étude prospective de cohortes de naissance a inclus les données d’études réalisées dans 5 pays européens (France, Grèce, Norvège, Espagne et Royaume-Uni) entre 2003 et 2016 dans le cadre du programme HELIX (Human Early Life Exposome). Mères et enfants ont été suivis jusqu’à ce que les enfants soient âgés de 6 à12 ans. La consommation maternelle de poissons a été mesurée de façon hebdomadaire grâce à un questionnaire spécifique et la concentration en mercure mesurée par prélèvements sanguins et échantillon du sang du cordon ombilical. Un score de syndrome métabolique a été calculé pour chaque enfant à partir du tour de taille, de la pression artérielle systolique et diastolique, de la concentration en triglycérides, HDL-cholestérol et insuline. Le score pouvait évoluer entre - 3,9 et 7,5. Un score élevé indiquant un profil métabolique délétère. 

Principaux résultats

Au global, 805 mères ainsi que leur enfant unique ont été inclus dans les analyses. L’âge moyen de la cohorte de mères était de 31,3 ans à l’inclusion. En moyenne, elles avaient consommé 3,7 fois du poisson par semaine durant leur grossesse. Les femmes qui avaient eu la plus forte consommation de poisson étaient globalement un peu plus âgées et avaient un niveau d’éducation plus élevé par rapport à celles qui avaient eu la plus faible consommation. La concentration moyenne de mercure médiane était de 2,5 μg/L.

L’âge moyen des enfants était de 8,4 ans (56,3% étaient des garçons) et 91,2% étaient d’origine caucasienne. 

Après ajustement (notamment sur les taux de mercures maternels), les enfants dont les mères avaient consommé entre 1 et 3 fois du poisson durant la semaine – ce qui correspond aux recommandations américaines – avaient une diminution du score de syndrome métabolique d’une unité standard par rapport à ceux dont les mères en avaient consommé moins d’une fois par semaine.

Un doublement des concentrations maternelles en mercure était associé à une augmentation du score métabolique chez l’enfant de 0,18. 

Les enfants dont les mères avaient des consommation modérées à élevées de poisson durant leur grossesse avaient de plus faibles concentrations en cytokines pro-inflammatoires. 

La combinaison d’une consommation modérée en poisson durant la grossesse avec une faible exposition au mercure était associée à la plus forte diminution du score de syndrome métabolique chez l’enfant. A contrario, la combinaison d’une faible consommation de poisson et d’une forte exposition au mercure était associée à la plus forte augmentation du score de syndrome métabolique.