La consommation alimentaire des femmes allaitantes est-elle en adéquation avec les recommandations ?


  • Nathalie Barrès
  • Lecture critique
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À retenir 

Les résultats de cette étude suggèrent qu’il existe une inadéquation entre les apports alimentaires et nutritionnels des femmes allaitantes et l’adhésion aux recommandations du PNNS et aux apports nutritionnels conseillés (ANC) chez les femmes allaitantes. 

Pourquoi est-ce important ?

La qualité nutritionnelle durant l’allaitement constitue un facteur essentiel pour la santé des femmes et des enfants. Quelques études ont évalué la consommation spécifique en certains micronutriments (iode, fer, vitamines B ou D) ou l’adhésion des consommations alimentaires avec les recommandations, mais aucune évaluation n’avait été menée spécifiquement sur les apports alimentaires de la femme allaitante, et l'adéquation de ces apports aux recommandations en vigueur en France.

Principaux résultats

Au global, sur les 250 femmes allaitantes incluses dans l’étude (âge moyen 30,7 ans), 60,2% avaient un niveau d’étude supérieur (bac +1 ou plus) et 94,9% étaient mariées ou vivaient maritalement. Au cours de l'étude, 88% des carnets alimentaires ont été renseignés sur 7 jours consécutifs comme pré-spécifié.

L’âge moyen des nouveau-nés allaités était de 5,3 mois. Parmi eux, 52,9% étaient nourris exclusivement au sein et 41,7% recevaient une alimentation mixte.

En moyenne, les apports alimentaires moyens (aliments et boissons) des femmes enceintes étaient de 2.056 ±51,6 g/j, dont plus de la moitié sous forme de liquide (1.168 ±42,6 mL/j), avec un apport moyen en eau de 617,6 ±36,5 mL/j (inférieur aux recommandations). Une part importante des participantes consommaient des jus et nectars (63%) et des boissons sucrées (61,2%). 

Au total, 21,1% des femmes consommaient des boissons alcoolisées au moins une fois par semaine (apport journalier moyen pour les consommatrices 54,5 mL/j) et 23% étaient des fumeuses régulières.

Une immense majorité (98%) de femmes consommaient des plats préparés (ou plats transformés) pour un apport journalier moyen de 149±7,4g/j. 

Les apports énergétiques moyens étaient de 1.669,2 ±32,8 kcal/j, et 80% des femmes étaient en dessous des recommandations. Très peu de femmes enceintes suivaient les recommandations nutritionnelles en fruits et légumes, produits laitiers et produits céréaliers.

Les apports lipidiques moyens représentaient 66,2 ±1,5 g/j et ceux en acides gras essentiels étaient inférieurs aux recommandations. Les apports en protéines représentaient 16% des apports énergétiques totaux sans alcool. 

Méthodologie

  • Les apports alimentaires ont été recueillis sur des carnets de consommation alimentaires sur 7 jours consécutifs. 
  • L’adéquation entre apports nutritionnels et besoins nutritionnels moyens a été évaluée par rapport aux apports nutritionnels conseillés de la population (ANC) publiés en France pour la population générale et pour des populations spécifiques comme les femmes allaitantes1.
  • L’adéquation aux recommandations alimentaires françaises était évaluée par rapport au Programme national nutrition santé pour les fruits et légumes, le lait et les produits laitiers, ainsi que le pain, les céréales, les pommes de terre et les légumes secs (score PNNS-GS)2,3.

Principales limitations

Impossibilité d’identifier les femmes non normodéclarantes. L’évaluation du métabolisme de base des participantes aurait été un élément intéressant et le recrutement par Internet peut avoir induit un biais de sélection.

Financement

Laboratoire Gallia.