La compréhension des mots ne dépend pas que des mots


  • Serge Cannasse
  • Actualités Médicales
L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte. L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte.

En linguistique, l’inférence est un phénomène cognitif où le sujet ajoute une information, supposée vraie ou plausible, à partir des informations dont il dispose. Il en existe plusieurs types, notamment l’inférence par présupposition. Par exemple, la phrase « Daniel a arrêté de fumer » implique que son émetteur comme son destinataire comprennent que Daniel a fumé (énoncé implicite), ainsi que dans la phrase négative « Daniel n’a pas continué de fumer. » Il est généralement admis que ce type d’inférence a son origine dans le langage lui-même, que ce soit dans les mots, la syntaxe ou le contexte d’énonciation (par exemple, une conversation).

Deux chercheurs du CNRS (Laboratoire de sciences cognitives et psycholinguistique – CNRS/ENS Paris EHESS) et une chercheuse australienne (Western Sidney University) ont montré que ce type d’inférence, ainsi que trois autres qu’ils avaient isolés dans des travaux précédents, pouvaient aussi exister à partir de messages non verbaux. Pour cela, ils ont mené des expériences sur des sujets « naïfs » à partir d’énoncés mélangés, construits à partir de bribes de phrases et de gestes (par exemple, enlever ses lunettes) ou de messages visuels (changement de couleur d’une barre). Les participants ont d’emblée compris ces énoncés, sans apprentissage. De plus, des tests ont montré qu’ils avaient fait de nombreuses inférences linguistiques à partir des messages non linguistiques.

Pour les chercheurs, cela signifie que les différents types d’inférences linguistiques ne se produisent pas uniquement dans les actes de langage, mais peuvent avoir des origines variées.