La collecte des urines réduirait les récidives de lithiase urinaire chez l'enfant


  • Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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La lithiase urinaire est une affection croissante parmi la population pédiatrique et adolescente. Si la récurrence de l'affection est démontrée chez près d'un adulte sur deux dans les 5 à 10 ans après la première lithiase, le taux de récidive est indéterminé chez l'enfant et l'adolescent. Une étude rétrospective américaine a souhaité évaluer ce qu'il en était. Par ailleurs, elle a cherché à faire le point sur la pertinence de la collecte des urines sur 24 heures chez les sujets à haut risque de récidive, dans la mesure où cet examen est recommandé par l'Association Européenne en Urologie mais non par son homologue américain.

Méthodologie

  • L'étude monocentrique a été conduite chez des enfants de 3 à 18 ans présentant un premier épisode de calcul rénal entre janvier 2008 et avril 2014. La présence d'une lithiase était définie par la présence de douleurs et/ou vomissements associés à une imagerie évocatrice.

  • Les sujets ayant une lithiase asymptomatique ou responsable de douleurs atypiques, ayant des antécédents de calculs ou des anomalies urétérales ainsi que ceux présentant un syndrome de défaillance multiviscérale ont été exclus.

  • Tous les enfants ont été traités et suivis selon les pratiques cliniques habituelles. La prise en charge prévoyait la prescription d'une collecte des urines sur 24 heures tous les 6 mois, quel que soit le risque perçu de récidive. Parallèlement, chacun recevait des conseils diététiques appropriés.

  • L'objectif était de définir le risque de récidive de la lithiase urinaire, c'est-à-dire le temps écoulé entre la clairance du premier calcul et la survenue d'un second, à distance minimale de 30 jours.

  • La collecte des urines sur 24 heures était analysée pour tous les enfants participants : elle était considérée comme anormale en cas d’hypocitraturie, en cas d’hypercalciurie (>4 mg/kg), d’hyperoxalurie (>40 mg/1,73 m³) ou d’oligurie (

  • L'analyse a été conduite selon un modèle de régression logistique de type Cox, après intégration des données considérées comme facteurs de confusion potentiels

Résultats

  • Entre 2008 et 2014, 553 enfants répertoriés auprès du centre investigateur ont présenté une lithiase. Après application des critères d'exclusion, 285 sujets ont été inclus dans l'analyse, pour un total de 492 patients-années. Parmi eux, 7% avaient des comorbidités médicales, dont la plus fréquente était la dysplasie rénale (n=7) et la mucoviscidose (n=7).

  • Parmi les 196 sujets ayant réalisé au moins une collecte d'urines sur 24 heures, une hypercalciurie, une hypocitraturie et une oligurie étaient identifiées dans respectivement 20%, 15% et 70% des cas.

  • Le taux de récidive à 3 ans était de 50%. Il correspondait à un taux de 185 et pour 1.000 personnes-années pour ceux ayant pratiqué les collectes d'urines prescrites et à 242 lithiases pour 1.000 personnes-années pour ceux qui ne les avaient pas réalisées.

  • Après ajustement sur l'âge, le sexe, l'IMC, les comorbidités et l'adhésion au suivi prescrit, le taux de récidive était réduit de 60% lorsque les enfants avaient réalisé la collecte d'urines sur 24 heures (HR : 0,40 [IC95% : 0,18-0,91]). Ce risque était réduit de 85% lorsque la collecte d'urines sur 24 heures était réalisée et qu’un traitement préventif avait été prescrit sur la base de son résultat (HR : 0,15 [IC95% : 0,04-0,57]). Le traitement seul, hors analyse d'urines, n'était pas associé à une diminution du risque de récidive, hormis lorsque les enfants ayant des comorbidités étaient exclus.

Limitations

Etude rétrospective et suivi limité dans le temps.

A retenir

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