La cochlée, marqueur du sexe


  • Serge Cannasse
  • Actualités Médicales
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Grâce à une modélisation 3D ayant recours à des microscanners et à l’intelligence artificielle, des chercheurs des Universités françaises Paul Sabatier (Toulouse) et Clermont-Auvergne et sud-africaines Witwaterstrand (Johannesburg) et Sefako Makgatho (Pretoria) ont montré que la spirale cochléaire n’a pas la même forme chez la femme et chez l’homme, tout en ayant la même taille. Cette différence existe dès la naissance et persiste tout au long de la vie. La méthode mise au point par les chercheurs a un taux d’exactitude compris entre 0,91 et 0,93 selon l’âge.

Publiée dans la prestigieuse revue Nature, cette découverte n’a rien d’anecdotique. Elle sera notamment très utile pour l’étude des squelettes découverts sur les sites archéologiques. En effet, leur identification sexuelle peut être difficile quand les restes sont suffisamment abîmés pour empêcher toute investigation basée sur l’ADN. Chez l’enfant, elle est alors quasiment impossible. Chez l’adulte, seule la morphologie du bassin peut établir la différence. Mais bien souvent, il n’a pas été conservé. Or, le rocher, dans lequel se trouve la cochlée, est un os particulièrement dur, un de ceux qui sont le plus fréquemment retrouvés. Il est ainsi possible que grâce à ce travail franco-australien, un très grand nombre des squelettes actuellement conservés puissent se voir attribuer un sexe.

Cette découverte explique en partie les différences de perception du son entre les sexes (les femmes perçoivent mieux les aigus que les hommes) et leur point commun (l’audition humaine est très bonne aux basses fréquences). Elle peut contribuer à explorer certaines particularités de la communication humaine, même si l’origine de la différence des formes cochléaires entre les sexes reste inconnue. Enfin, last but not least , pour les chercheurs, elle peut avoir des implications en médecine légale.