La cinquantaine, âge ultime de vulnérabilité cérébrale vis-à-vis de la pression artérielle

  • Lane CA & al.
  • Lancet Neurol
  • 1 oct. 2019

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte. L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte.

À retenir

L’associati on entre la pression arté rielle autour de l a quarantaine et les fonctions cogniti ve s ultérieures a été décrite par de nombreuses études, mais la nature transversale de ces dernières ne permettait pas de garantir le lien de causalité. Les données d’imagerie relatives à plus de 500 sujets de la cohorte britannique Insight 46 offrent pour la première fois l’opportunité de suivre de façon prospective l’évolution de la pression artérielle au cours de la vie adulte et de la mettre en parallèle de la structure et des lésions cérébrales observée en imagerie à l’âge de 70 ans.

Cette étude montre que l'hypertension artérielle (HTA) à la cinquantaine, et l'augmentation de la pression artérielle (PA) entre la quarantaine et la cinquantaine sont significativement associées à un volume réduit des hypersignaux de la substance blanche (VHSB) et à un volume cérébral global réduit à l’âge de 70 ans.

Enfin, aucune association significative n’est observée entre la pression artérielle et le score cognitif utilisé ou l’importance des dépôts bêta-amyloïdes observés à l’imagerie. Cette dernière donnée suggère que l’influence de la PA sur le risque de démence, décrit par ailleurs, repose plus volontiers sur la contribution physiopathologique des petits vaisseaux que sur celle de la protéine amyloïde, même si cette méthode d’imagerie ne permet pas d’exclure totalement le lien entre pression artérielle et processus neurodégénératif. L’utilisation du score composite PACC ( Preclinical Alzheimer Cognitive Composite ), qui présente un certain nombre de limitations, pourrait aussi expliquer ce résultat.

Une cohorte britannique suivie tous les 8 ans depuis la naissance

Insight 46 regroupe une cohorte de sujets nés en Grande-Bretagne au cours de la même semaine de 1946 (n=5.362). Pour cette publication, ceux pour lesquels les valeurs de PA étaient disponibles à l’âge de 36, 43, 53, 60-64 et 69 ans et pour lesquels une tomographie par émission de positons (IRM) cérébrale et des tests cognitifs avaient pu être menés à 69-71 ans ont été inclus, soit 502 patients (âge moyen 70,7 ans, 51% d'hommes, 18% présentant un profil amyloïde positif, 93% sans démence).

Principaux résultats

Une augmentation de la PA systolique (PAS) et de la PA diastolique (PAD) de 10 mmHg entre 43 et 53 ans étaient respectivement associée à une augmentation moyenne relative du VHSB de 7% (HR : 1,07 [1,01-1,14], p=0,024) et de 15% (HR :1,15 [1,04 -1,27], p=0,0057) après ajustement. Aux autres âges de la vie, une valeur élevée de PAS et de PAD était associée à un plus faible VHSB, mais la significativité statistique n’était pas atteinte.

La valeur de PA ou les augmentations de PA observées au cours du temps n’étaient pas associées au profil amyloïde, même après ajustement sur le statut APOE-e4.

À tous les âges de la vie, une valeur élevée de PAS était associée à un plus faible volume cérébral global, avec une significativité statistique atteinte à 53 ans dans le modèle d’analyse ajusté. Son augmentation entre 36 et 43 ans était associée à une diminution du volume de l’hippocampe. Une PAD élevée était, elle, associée à une diminution significative du volume cérébral total à 43 ans.

Parallèlement, une PA diastolique (PAD) plus élevée de 10 mmHg à 43 ans était associé à un volume cérébral total plus petit de 6,9 ​​mL entre 69 et 71 ans (p = 0,0068). Des modifications plus importantes du PAD entre 36 et 43 ans ont été associées à un volume cérébral total inférieur de 6,5 mL (p = 0,0054).