La chirurgie bariatrique augmente l’espérance de vie : mais pour quels risques à long terme ?

  • Thereaux J & al.
  • Lancet Diabetes Endocrinol
  • 1 oct. 2019

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir 

Une étude française menée chez tous les sujets ayant bénéficié d’un court-circuit gastrique (ou bypass) ou d’une gastrectomie (ou sleeve) en 2009 montre que l’espérance de vie serait significativement améliorée 7 ans plus tard par rapport à des sujets contrôles. En revanche, ces individus auraient significativement plus de risque d’avoir des troubles gastro-intestinaux nécessitant ou non une chirurgie ou une endoscopie et plus de risque de troubles nutritionnels que les sujets contrôles. Ces risques seraient d’autant plus importants que la procédure choisie était le court-circuit gastrique. En revanche, alors que des inquiétudes subsistent, aucune association significative n’a pu être mise en évidence entre la chirurgie bariatrique et les troubles psychiatriques hormis l’augmentation du risque de dépendance à l’alcool après procédure par court-circuit gastrique.

Pourquoi cette étude est intéressante ?

Cette étude apporte des informations à partir d’analyses menées sur une large base de données. Ses résultats montrent qu’il est essentiel d’informer des éventuels effets indésirables à moyen terme, les patients à qui une chirurgie bariatrique est proposée. Par ailleurs, s’il est vrai que la prévalence de l’obésité est faible à modérée en France par rapport à d’autres pays, avec près de 50.000 procédures réalisées en 2017, elle se situerait cependant à la troisième place au niveau mondial en nombre de chirurgie bariatrique.

Méthodologie

Cette étude nationale, observationnelle de cohorte a été réalisée à partir des données du Système National des Données de Santé. Tous les patients devant subir un court-circuit gastrique ou une gastrectomie en 2009 ont été inclus, hormis ceux qui avaient déjà subi une chirurgie bariatrique dans les 4 années précédant l’inclusion. Les participants ont été appariés avec des sujets contrôles sur l’âge, l’IMC, le traitement antidiabétique et l’insuline. 

Principaux résultats

Au total, 8.966 sujets ayant subi une chirurgie bariatrique en 2009 ont été inclus (82% de femmes, âge moyen 40,4 ans) ainsi que 7.359 sujets contrôles. Dans chaque groupe, 64% des individus avaient un IMC compris entre 40,0 et 49,9 kg/m2, 13% étaient traités par antidiabétiques et 3% par insuline. Sur la population traitée, 55% avaient eu un court-circuit gastrique et 45% une gastrectomie. 

Sur les 6,8 ans de suivi et par rapport aux sujets contrôles, les analyses ont montré que les individus ayant bénéficié d’une chirurgie bariatrique avait une meilleure espérance de vie : mortalité diminuée de 36% (p

En revanche, par rapport aux sujets contrôles, les sujets traités par chirurgie bariatrique avaient un risque significativement plus élevé :

  • de chirurgie gastrointestinale invasive ou endoscopique : risque multiplié par 2,4 (p
  • de troubles gastrointestinaux ne conduisant pas à une procédure invasive : risque multiplié par 1,9 (p
  • de troubles nutritionnels : risque multiplié par 4,9 (p

Enfin, aucune association significative n’a été mise en évidence en ce qui concerne les troubles psychiatriques pour aucune des techniques de chirurgie bariatrique étudiée, hormis cependant la dépendance à l’alcool chez les sujets ayant eu un court-circuit gastrique (risque multiplié par 1,8, p=0,0124). 

Principales limitations

Les données comme la variation de poids, les tests biologiques et les clichés radiologiques n’étaient pas disponibles pour ces individus alors que cela aurait été utile pour une meilleure compréhension des résultats.