La césarienne réduit le risque d’incontinence urinaire lié aux naissances multiples

  • Hutton EK & al.
  • BJOG
  • 14 juil. 2018

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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À retenir

L’étude canadienne Twin Birth Study a comparé le risque d’incontinence (urinaire et anale) lié à une césarienne planifié à celui lié à une naissance planifiée par voie basse dans des grossesses gémellaires menées à terme. La comparaison des deux groupes, comportant plus de 1.100 femmes chacun, met en évidence que le taux d'incontinence urinaire à l'effort était plus faible après 2 ans de suivi chez celles ayant bénéficié de la césarienne (8,11% vs 12,25%, odds ratio (OR) 0,63, p=0,001). En revanche, dans le sous-groupe des femmes qui présentaient des antécédents d’incontinence urinaire préalables à la grossesse, le risque à deux ans n’était pas différent. Enfin, aucune différence n’a été observée quant à l’incontinence anale (gaz, fèces).

Pourquoi cette étude a-t-elle été menée ?

Le risque d’incontinence urinaire lié au mode d’accouchement est encore incomplètement décrit: l’étude randomisée Term Breech Trial , conduite chez des femmes ayant une grossesse unique, a montré que le risque d’incontinence urinaire à l’effort après une césarienne était inférieur à celui lié aux accouchements par voie vaginale à 3 mois de suivi mais non à 2 ans. Les données de l’étude Twin Birth Study, menée chez des femmes présentant des grossesses multiples, a montré un risque réduit après 3 mois de suivi chez celles ayant bénéficié d’une césarienne. Le suivi à 2 ans était attendu afin de comparer les résultats à l’étude   Term Breech Trial .

Méthodologie

  • L’étude canadienne multicentrique Twin Birth Study a recruté des femmes ayant une grossesse gémellaire en présentation céphalique dont le terme était compris entre le début de la 32e et la fin de la 38e semaine de grossesse. Les femmes étaient randomisées entre une césarienne ou un accouchement par voie basse planifié au cours de la 36e et la 38e semaine de grossesse, une allocation qui pouvait être modifiée si nécessaire durant l’accouchement.
  • Les femmes étaient encouragées à réaliser des exercices de renforcement pelvien durant et après la grossesse. Elles remplissaient un questionnaire à 2 ans post-partum concernant la présence d’une incontinence urinaire ou anale, précisaient le cas échéant s’il s’agissait d’un petit ou d’un gros problème, et elles remplissaient notamment un questionnaire de qualité de vie (SF-36, IIQ-7) et de dépression (EPDS).

Principaux résultats

  • Au total, les données de 1.155 femmes du groupe césarienne et 1.150 femmes du groupe voie basse ont pu être comparées.
  • À deux ans, celles du premier groupe présentaient moins fréquemment une incontinence urinaire à l'effort problématique par rapport aux autres (8,11% vs 12,25%, OR 0,63, p=0,001). Chez celles qui étaient concernées par l’incontinence urinaire, l’impact des symptômes sur la qualité de vie était similaire dans les deux groupes.
  • Les taux d'incontinence anal (gaz, fèces) étaient identiques dans les deux groupes (4,1 vs 5,9%, NS). Aucune différence n’a été observée quant au taux d’allaitement, de dépression ou de qualité de vie selon le score SF-36.
  • Pour celles sans antécédent précédant la grossesse (95%), l'accouchement par césarienne était associé à un risque plus faible d'incontinence urinaire à l'effort (6,8% vs 11,6%, OR 0,56 [0,41-0,76], p=0,0002). Chez les autres, il n'y avait pas d'association entre le mode d’accouchement et l'incontinence urinaire à l'effort à 2 ans (30,8% vs 24,1%, OR 1,40 [0,60 -3,24], p=0,44).

Financement

L'étude a été financée par le Canadian Institutes of Health Research.