La British Society of Rheumatology investigue 3 stratégies thérapeutiques dans la PR au regard du risque de récidive d’infection grave

  • Magri R
  • Phys Rev, B Condens Matter
  • 15 juil. 1996

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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Que sait-on déjà sur le sujet ?

Un registre de la British Society for Rheumatology rapporte une augmentation faible mais significative du risque d’infection grave sous anti-TNF par rapport aux agents non biologiques (4,2/100 vs 3,2/100 patients-années de suivi) chez des patients souffrant de polyarthrite rhumatoïde. Cette société savante recommande la prudence en cas d’utilisation d’un anti-TNF chez un patient à haut risque infectieux. L’arrêt du traitement est recommandé et sa reprise ne pourra se faire que si l’infection est totalement résolue. La décision d’arrêter, de continuer ou de switcher vers une alternative biologique après une infection grave reste à discrétion du prescripteur en accord avec le patient. Pour y voir plus clair, cette société savante britannique a initié un programme national d’évaluation de la sécurité d’emploi des agents biologiques en pratique clinique quotidienne. 

Qu’apporte cette étude ?

Chez des patients souffrant de polyarthrite rhumatoïde (PR) et ayant développé une infection grave, cette étude a évalué l’impact sur le risque de récidive d’infection sévère de la décision d’arrêter, de continuer ou de switcher un traitement par anti-TNF vers un agent biologique offrant une alternative en termes de mode d’action. Elle a inclus 1.583 patients souffrant de PR et ayant eu au moins une infection sévère sous anti-TNF à partir d’un registre de 21.943 patients atteints de PR.

  • La mortalité à 30 jours post-infection grave était de 10,4%.
  • Les infections respiratoires du tractus respiratoire bas étaient les évènements les plus fréquents (42%), suivis par les infections cutanées (19,5%), gastro-intestinales (10 ,6%) et génito-urinaires (10,1%).
  • Soixante jours après l’infection, 73% des sujets étaient toujours traités par anti-TNF, 21,3% avaient arrêté leur traitement et 6,2% avaient switché pour le rituximab ou le tocilizumab.
  • Les patients qui avaient switché étaient généralement plus jeunes, plus souvent des hommes, fumeurs, sous corticoïdes et avec un DAS28 plus élevé et un score HAQ plus faible que ceux qui avaient continué ou arrêté leur traitement.
  • Au cours du suivi de 12 mois, le taux annuel de récidive d’infection sévère était de 25,6%. Il était plus élevé chez les patients qui avaient arrêté l’anti-TNF (42,6%/an) et plus faible chez ceux qui avaient changé de traitement (12,1%/an). 
  • Par rapport aux patients qui avaient arrêté leur anti-TNF, ceux qui avaient continué le traitement ou qui avaient switché pour un agent biologique avaient un risque de récidive d’infection sévère diminué respectivement de 46% et 71% (hazard ratio 0,54 [0,40-0,74] et 0,29 [0,09-0,95]).

Impact en pratique

L’augmentation du risque d’infection grave sous agent biologique a été mis en évidence à travers de nombreuses études. Ainsi, les patients qui continuent leur traitement anti-TNF après une infection sévère ou qui switchent pour un traitement biologique ont un risque de récidive significativement diminué par rapport à ceux qui arrêtent leur traitement anti-TNF. Ces résultats pourraient en partie être expliqués par un meilleur contrôle de l’activité de la maladie avec la réintroduction d’un agent biologique. Les auteurs rappellent qu’actuellement les recommandations de la British Society for Rheumatology préconisent cependant  – tout comme les RCP de ces médicaments - de suspendre le traitement par anti-TNF le temps de l’infection et de le reprendre seulement lorsque celle-ci est complètement résolue.

Principales limitations

Les données avaient été ajustées à l’exposition aux corticoïdes à l’inclusion, en revanche, aucune information sur l’usage dans le temps des corticoïdes n’était disponible.

Financements

Étude financée par la British Society of Rheumatology qui a elle-même reçu un soutien de certains laboratoires pharmaceutiques.