L’utilisation d’IPP chez les patients sous dabigatran ou warfarine après intervention coronarienne

  • Nicolau JC & al.
  • Drugs
  • 1 juil. 2020

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir

Une analyse en sous-groupes pré-spécifiée de l’étude RE-DUAL PCI chez les sujets souffrant d’insuffisance cardiaque après intervention coronarienne percutanée (ICP) vient de montrer que :

  • La bithérapie à base de dabigatran et clopidogrel ou ticagrelor réduit le risque de saignement par rapport à une trithérapie à base de warfarine, clopidogrel ou ticagrelor et aspirine.
  • Ces résultats ne sont pas influencés par l’utilisation ou non d’inhibiteurs de la pompe à protons (IPP). 

Pourquoi ces résultats sont intéressants

Les IPP sont recommandés en prévention des saignements gastro-intestinaux chez les patients à haut risque de saignements recevant des traitements antithrombotiques. Les IPP sont souvent utilisés en association avec l’aspirine ou le clopidogrel, pour autant peu de données existent sur les éventuelles interactions liées à ces associations.

Méthodologie

RE-DUAL PCI est une étude randomisée menée chez 2.725 sujets souffrant de fibrillation atriale après intervention coronarienne percutanée (ICP). Les patients étaient randomisés pour recevoir soit une bithérapie à base de dabigatran (110 ou 150 mg, deux fois par jour avec du clopidogrel ou du ticagrelor), soit une trithérapie à base de warfarine (associée à du clopidogrel ou du ticagrelor et de l’aspirine durant 1 à 3 mois). L’évaluation portait sur le risque de survenue d’un premier saignement majeur ou d’un saignement non majeur mais cliniquement pertinent, ou de tout saignement gastro-intestinal, ou encore la survenue d’un critère composite constitué du décès lié à un événement thromboembolique ou d’une revascularisation non programmée. Les analyses en sous-groupes présentées ici, ont plus spécifiquement évalué ces risques en fonction de l’utilisation ou non d’IPP à l’inclusion. 

Principaux résultats

Les analyses en sous-groupes ont été réalisées sur les données de 2.678 patients. Parmi ces patients, 61,3% recevaient des inhibiteurs de la pompe à proton à l’inclusion. Sur les 1.566 patients en fin d’étude, 83,4% prenaient des IPP. Et 23,1% de ceux qui ne prenaient pas d’IPP à l’inclusion en prenaient à la fin de l’étude. Les sujets sous IPP étaient globalement plus à risque que les autres, étaient plus souvent des femmes et avaient plus souvent des antécédents d’infarctus du myocarde, d’ICP, de diabète, d’hypertension ou de saignements gastro-intestinaux. Les scores CHA2-DS2-VASc et l’HAS-BLED étaient similaires dans les deux groupes. 

Les résultats de cette analyse en sous-groupes pré-spécifiés ont montré que :

  • La bithérapie à base de dabigatran 110 mg ou 150 mg réduisait le risque de saignements majeurs, et de saignements non-majeurs cliniquement pertinents, par rapport à la trithérapie à base de warfarine. 
  • Le risque de survenue du critère composite était comparable entre les deux groupes.
  • Ces constats étaient réalisés que les sujets soient ou non sous IPP à l’inclusion.
  • Concernant les saignements gastro-intestinaux, aucune interaction n’a été mise en évidence entre les traitements par bithérapie à base de dabigatran ou de trithérapie par warfarine en fonction de l’utilisation ou non d’IPP 

Limitations

Analyse en sous-groupes d’une étude randomisée.

Financement

Étude financée par Boehringer Ingelheim International Gmbh.