L’oxygénothérapie à haut débit ne fait pas mieux que l’oxygénothérapie standard chez les sujets immunodéprimés

  • Azoulay E & al.
  • JAMA
  • 27 nov. 2018

  • Par Agnès Lara
  • Résumé d’articles
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À retenir

Chez les sujets immunodéprimés et présentant une insuffisance respiratoire aiguë hypoxémique (IRAH) admis en soins intensifs, l’oxygénothérapie à haut débit (OHD) en continu ne permet pas de d’améliorer la survie à 28 jours par rapport à une oxygénothérapie standard. Aucune amélioration n’a pu être observée non plus en ce qui concerne les recours à la ventilation mécanique, la duréedu séjour en USI ou de l’hospitalisation, la fréquence des infections acquises durant le séjour en USI, le confort du patient ou le score de dyspnée. 

Pourquoi cette revue a-t-elle été réalisée ?

L'insuffisance respiratoire aiguë hypoxémique est la première cause d’admission en unité de soins intensifs (USI) dans cette population et elle reste associée à un taux de mortalité élevé. L’OHD est une technique de plus en plus utilisée qui délivre de l’oxygène humidifié et réchauffé par une simple canule nasale, et qui permet de maintenir de façon constante et contrôlée la fraction inspirée en oxygène (FIO2). Chez les sujets en IRAH, cette technique améliore de façon significative le nombre de jours sans ventilation mécanique et permet de réduire la mortalité à 90 jours. Mais ces résultats n’ont pu être confirmés chez les patients immunodéprimés. L’étude française HIGH a donc voulu comparer l’effet de l’OHD à celui de l’oxygénothérapie standard (OS) sur la mortalité à 28 jours dans cette population.

Conception de l’étude

Menée au sein de 32 unités de soins intensifs françaises, l’étude a inclus des patients immunodéprimés et présentant une IRAH (PaO2230 respirations/min) ou difficulté ou détresse respiratoires et nécessitant d’une oxygénothérapie ≥6L/min), entre mai 2016 et décembre 2017. Les participants ont été randomisés pour recevoir une oxygénothérapie à haut débit en continu ou une oxygénothérapie standard tout au long de leur séjour en USI. L’OHD était démarrée avec un flux d’Od’au moins 50L/min et une FIO2de 100% jusqu’à atteindre une SpOd’au moins 95%. 

Résultats

  • Parmi les patients inclus, 776 (388 dans le groupe OHD et 388 dans le groupe OS) ont terminé l’essai. Lors de l’inclusion, le rythme respiratoire médian était de 33/min dans le groupe OHD et de 32 dans le groupe OS. Le score SOFA (Sepsis Organ Failure Assessment) était similaire dans les deux groupes. L’IRAH était le plus souvent due à une pneumonie bactérienne ou à une infection fongique invasive.
  • À 28 jours, il n’y avait pas de différence significative entre les deux groupes concernant la mortalité qui était de 35,6% dans le groupe OHD et de 36,1% dans le groupe OS, soit une différence de -0,5% [IC95% : -7,3% à 6,3%] et un hazard ratio de 0,98 [0,77-1,24] (p=0,94).
  • Il n’y avait pas non plus de différence significative quant au besoin de ventilation mécanique qui était de 38,7% et 43,8% respectivement, soit une différence de -5,1% [IC95% : -12,3% à 2,0%] et un hazard ratio de 0,98 [0,77-1,24] (p=0,94).
  • En ce qui concerne la durée du séjour en USI, les infections acquises durant le séjour en USI, la durée de l’hospitalisation, le confort du patient ou le score de dyspnée, aucune différence significative n’est apparue entre les deux groupes.