L’ostéopathie viscérale : quelles preuves en soin de support chez les femmes traitées pour cancer du sein ?

  • Eur J Obstet Gynecol Reprod Biol

  • Par Nathalie Barrès
  • Actualités médicales
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À retenir 

Une étude française menée à Dijon a évalué l’intérêt de l’ostéopathie en soin de support chez des femmes recevant un traitement adjuvant pour cancer du sein. Les analyses montrent que :

  • L’ostéopathie viscérale n’a pas diminué de manière significative les nausées et/ou vomissement par rapport au groupe placebo, ni les scores de qualité de vie associés à ces symptômes. 
  • En revanche, même si les taux de constipation n’ont pas diminué sous ostéopathie viscérale, le score de qualité de vie associés à ces symptômes était amélioré par l’ostéopathie viscérale et la consommation de traitement de la constipation était également moindre dans ce groupe par rapport au placebo. 

Pourquoi cette étude est intéressante ?

En France, on comptait 56.000 nouveaux cas de cancers du sein en 2018. Les traitements adjuvants de chimiothérapie sont fréquemment associés à des effets indésirables invalidants. L’ostéopathie est l’un des soins de support pouvant améliorer la qualité de vie du patient. Peu de données permettent réellement de l’affirmer, d’où l’intérêt de ce type d’essai clinique.

Méthodologie

Cette étude a été menée au centre de prise en charge oncologique Georges François Leclerc à Dijon. Au total, 94 femmes opérées pour cancer du sein de stade 1 à 3 (résection complète + chimiothérapie par 3 cycles de FEC 100 – fluoro-uracile, épirubicine, cyclophosphamide et 3 cycles de docétaxel) ont été randomisées entre un groupe ostéopathie viscérale et un groupe placebo (avec manipulations superficielles).

Principaux résultats

Au total, sur les 94 participantes à l’étude, 54 assignées au groupe ostéopathie viscérale et 40 au groupe placebo ont été incluses dans les analyses en intention de traiter et respectivement 41 et 28 dans les analyses en per protocole. L’âge médian à l’inclusion était de 57,5 ans dans le groupe ostéopathie viscérale et 53,1 ans dans le groupe placebo. 

Les analyses en ITT ont montré que le taux de constipation de grade 1 ou plus durant au moins un cycle de traitement n’était pas différent entre les deux groupes : 47,1% dans le groupe ostéopathie viscérale et 61,5% dans le groupe placebo (p=0,204). Les taux de nausées et/ou vomissements n’étaient pas non plus différents entre les deux groupes 80,4% dans le groupe ostéopathie viscérale et 87,2% dans le groupe placebo (p=0,569). Les analyses en per protocoleont conduit à des résultats similaires.

Les patients du groupe ostéopathie ont rapporté un plus faible impact des épisodes de diarrhée et de constipation sur leur qualité de vie.

La qualité de vie globale (score EORT QLQ-30) était similaire et constante dans les deux groupes. Les scores de qualité de vie associés aux nausées et vomissements ont progressé de manière significative dans le temps dans les deux groupes. Et ceux associés aux symptômes de diarrhée et de constipation étaient significativement plus élevés dans le groupe placebo que dans le groupe ostéopathie viscérale. Si au global le recours à un traitement de la constipation ou de la diarrhée était similaire dans les deux groupes, une tendance à un usage plus important de traitement de la constipation a été notifié dans le groupe placebo dans le second et le troisième cycle de chimiothérapie, par rapport au groupe ostéopathie.

Principales limitations

Le nombre de patientes n’était pas similaire dans les deux groupes et cette étude est monocentrique. 

Financement

Étude financée par Hoffmann-La Roche.