L'os fragile des hommes atteints de dysfonction érectile

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S'il est bien établi que la dysfonction érectile et l'ostéoporose sont deux affections dont l'incidence augmente avec l'âge, le lien entre les deux pathologies est mal établi et n'a été étudiée qu'à travers quelques études de faible envergure. Parce que les facteurs de risque qui sont associés à ces deux maladies sont similaires, des chercheurs taiwanais ont conduit une étude de cohorte afin d'évaluer s'il existe une réelle corrélation entre les deux.

Méthodologie

  • Étude de cohorte conduite à partir d'une base de données taiwanaise (LHID 2010), comportant un million de bénéficiaires du système de santé national en 2010, et constituée aléatoirement à partir de la base de donnée nationale (Taiwan National Health Insurance Research Database).

  • Les hommes souffrant de dysfonction érectile (DE) organique ou psychogène étaient définis comme ceux ayant bénéficié d'un diagnostic ambulatoire ou hospitalier établi par un urologue. La date du diagnostic était considérée comme la date index.

  • Les femmes, les hommes ayant déjà un diagnostic d'ostéoporose établi à la date index et ceux ayant moins de 40 ans étaient exclus de l'analyse.

  • Ceux souffrant d'ostéoporose étaient ceux qui avaient reçu un diagnostic après examen de la densité minérale osseuse. Un groupe d'hommes contrôle sans dysfonction érectile était constituée aléatoirement à partir de la base de données taiwanaise selon un ratio 1:4. et appariés avec l'âge des sujets DE.

  • Les données socio-démographiques, les diagnostics, soins et les prescriptions étaient analysées à partir de la date index.

Résultats

  • La cohorte était constituée de 4.460 patients diagnostiqués DE entre 1996 et 2010. L'âge moyen était de 57,6 ± 10,7, contre 57,7 ± 10,2 pour le groupe contrôle (n=17.840).

  • Durant la période de suivi, le diagnostic d'ostéoporose a été porté 3,04 fois plus chez les sujets DE que chez ceux du groupe contrôle, après ajustement de l'âge et des comorbidités [IC95%: 2,57–3,58]. Ainsi, ils ont été respectivement 5,92% vs 3,65% à être diagnostiqués pour ostéoporose (p<0,001), les sujets de moins de 59 ans ayant un risque supérieur d'ostéoporose que ceux de 60 ans et plus (risque relatif ajusté (HR) de 3,59 et 2,89 respectivement).

  • La courbe des taux d'incidence (courbe Kaplan–Meier) montre que l'incidence cumulée à 15 ans du diagnostic d'osteoporose chez les hommes DE ou non-DE a été de 12,03% et de 3,65% respectivement.

  • Les patients DE ont également été ceux présentant le plus de comorbidités : la fréquence de l'HTA, du diabète, d'une dyslipidémie, d'un AVC, d'une hépatopathie ou d'une pneumopathie était significativement supérieure chez ces sujets en comparaison au groupe contrôle.

Limitations

Les données utilisées dans cette analyse dépendent de la qualité diagnostique et thérapeutique des praticiens. Par ailleurs, certains paramètres confondants n'y sont pas répertoriés (IMC, activité physique notamment).

À retenir

Cette étude taiwanaise est la première à démontrer le risque d'ostéoporose chez les sujets souffrant de dysfonction érectile à partir d'une étude de cohorte de grande envergure. Le taux des hormones sexuelles, le statut inflammatoire et le taux de NO des sujets DE pourraient notamment expliquer cette corrélation.