L’Italie suspend l’obligation vaccinale

  • Frédéric Haroche

  • JIM Actualités métier
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Rome, le vendredi 10 août 2018 - En Italie, depuis la rentrée scolaire 2017, des vaccins sont obligatoires* chez l'enfant pour qu'ils puissent entrer en crèche et à l'école.

La mesure adoptée par l'ancien gouvernement de centre gauche a été vivement critiquée pendant la dernière campagne électorale par le Mouvement 5 étoiles et la Ligue, aujourd'hui au pouvoir. Le chef de ce dernier parti, désormais ministre de l'intérieur, Matteo Salvini, l'avait notamment jugée « inutile et dangereuse ».

C'est dans ce contexte, que le Sénat Italien a, cette semaine, suspendu l'application de la loi.

L'obligation flexible !

Le nouveau ministre de la Santé, Giulia Grillo (M5S), a aussi annoncé l'édiction d'une nouvelle législation qui instaurerait une « obligation flexible », dont les piliers seront l'information et le recours à la coercition uniquement pour une durée limitée et pour les maladies et les régions où le taux de couverture est vraiment trop bas.

A cet égard, rappelons que l'Organisation mondiale de la santé (OMS) fixe à 95 % la part d'une population qui doit être immunisée pour permettre une " immunité de groupe" et, qu'en Italie, la loi de 2017 aurait permis de faire passer de 86 à 92 % l'immunisation pour les populations et les pathologies concernées.

La résistance s'organise

Du côté des parents d'enfants non vaccinables en raison de leur état de santé, on sent déjà poindre la fronde, ils ont ainsi lancé une pétition qui a réuni plus de 100 000 signatures en quelques jours.

Plusieurs présidents de régions ont aussi fait valoir qu'ils comptaient faire appliquer eux-mêmes l'obligation si l'Etat y renonçait.

Enfin, l'Association nationale des chefs d'établissements scolaires a prévenu, qu'en septembre, ils appliqueraient l'ancienne règle malgré le vote de la chambre haute !
60 secondes dans une minute c'est trop, mais je ne suis pas horloger !

Ces âpres débats n'auront toutefois pas fait perdre leur sens de l'humour aux italiens.

Ainsi, quand le ministre de la Famille, Lorenzo Fontana a assené : « pour moi, 10 vaccins c'est trop, mais je ne suis pas médecin », les parodies ont foisonné dans la botte. « Pour moi, 60 secondes dans une minute c'est trop, mais je ne suis pas horloger », « Pour moi, 20 000 lieues sous les mers c'est trop, mais je ne suis pas Jules Verne » a-t-on notamment pu lire…


*Rougeole, polio, diphtérie, tétanos, hépatite B, infections à Haemophilus B, méningite B et C, rougeole, rubéole, oreillons, coqueluche et varicelle