L’introduction des anti-épileptiques de seconde génération a-t-elle permis d’améliorer la tolérance au traitement ?

  • Alsfouk BAA & al.
  • JAMA Neurol
  • 24 févr. 2020

  • Par Agnès Lara
  • Résumé d’articles
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À retenir

Selon une étude observationnelle longitudinale menée en Ecosse, les traitements anti-épileptiques de seconde génération ont été utilisés de façon croissante au cours des 15 dernières années. Mais cela n’a pas occasionné de baisse des taux d’effets indésirables intolérables (EII) responsables d’arrêt de traitement. Un anti-épileptique sur six est ainsi arrêté en raison d’EII. Des résultats qui incitent à poursuivre les recherches pour améliorer la tolérabilité de ces traitements.

 

Les effets indésirables sont fréquents sous anti-épileptiques (AE), touchant jusqu’à 88% des personnes traitées. Ces EI non seulement dégradent la qualité de vie, mais sont à l’origine de nombreux arrêts de traitement et constituent un frein au contrôle de la maladie. Plus d’une douzaine d’anti-épileptiques de seconde génération ont été introduits dans la pharmacopée au cours de ces 30 dernières années. Et des études ont suggéré qu’ils pourraient avoir une meilleure tolérabilité que ceux de première génération pour une efficacité similaire. Des équipes de recherche de Melbourne et Glasgow ont donc voulu vérifier si l’introduction des AE de seconde génération avait modifié la survenue des EI intolérables en pratique courante et ont recherché les facteurs associés à cette mauvaise tolérance. 

La proportion d’effets indésirables intolérables n’a pas été modifiée par l’arrivée des antiépileptiques de seconde génération

Cette étude de cohorte longitudinale a été menée au sein d’une clinique spécialisée de Glasgow, auprès de 1.795 patients nouvellement diagnostiqués avec une épilepsie et ayant initié un traitement (54% d’hommes, 78,5% d’épilepsie focale, 21,5% d’épilepsie généralisée). Les taux d’EII liés aux anti-épileptiques ont été comparés sur 3 périodes : de 1982 à 1992, de 1992 à 2002 et de 2002 à 2016. Chaque sujet était suivi durant au moins un an. Sur les 3.241 traitements AE initiés, 72,4% l’étaient en monothérapie, avec une proportion croissante d’AE de seconde génération sur les trois périodes étudiées, passant de 22,3% sur la première période jusqu’à 68,7% au cours de la plus récente. Des EII ont été à l’origine d’arrêts de traitement dans les 6 premiers mois pour 15,6% des traitements initiés. Mais la probabilité d’arrêt de traitement en raison d’EII ne s’est pas modifiée au fil du temps.

Plusieurs facteurs de risque de survenue d’effets indésirables identifiés

Les EII les plus fréquents concernaient le système nerveux central, et à eux seuls étaient responsables de 35,3% des arrêts de traitement. Les adultes (18-64 ans), et les plus âgés (≥65 ans), avaient un risque d’EII significativement plus élevé que les enfants, avec respectivement des hazard ratio ajustés (HRa) de 1,58 [1,07-2,32] et de 1,90 [1,19-3,02]. Le risque augmentait aussi avec le nombre de traitements AE ayant déjà occasionné des arrêts en raison d’EII par le passé (HRa 1,18 [1,09-1,28]) et avec le nombre d’AE administrés de façon concomitante (HRa 1,31 [1,04-1,64]). Les femmes et les sujets qui avaient eu plus de 5 crises avant l’initiation du traitement étaient également plus à risque (HRa de 1,60 [1,30-1,96] et de 1,24 [1,03-1,49] respectivement).