L’Intersyndicale appelle les internes à une grève illimitée


  • Serge Cannasse
  • Actualités Médicales
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L’ISNI (Intersyndicale nationale des internes) appelle à une grève illimitée à partir du 10 décembre 2019. Apportant son soutien aux revendications des autres professionnels de santé, ses revendications portent à la fois sur le système de santé et l’amélioration du statut de praticien en formation des internes.

Système de santé.

L’ISNI demande :

  • La suppression de l’article 3 du PLFSS (Projet de loi de financement de la sécurité sociale), qui prévoit que l’État ne prenne pas en charge le déficit de la Sécurité sociale, contrairement à la préconisation de la loi Veil de 1994. Pour l’IFSI, ce déficit est dû aux mesures adoptées pour les « gilets jaunes », qui n’ont pas à être financées par la Sécurité sociale.
  • Une reprise de la dette des hôpitaux par l’État et non par la Sécurité sociale.
  • Une augmentation de l’ONDAM (Objectif national des dépenses d’assurance maladie) de 4,4%, contre 2,3% fixée par le Gouvernement.

Statut des internes

L’ISNI « exige » :

  • Le décompte horaire de leur temps de travail et un paiement des heures supplémentaires.
  • Le maintien des règles concernant l’obtention des licences de remplacement. Certaines organisations professionnelles souhaitent que les remplacements ne soient possibles qu’après une durée de formation plus longues qu’actuellement. Ce point n’est pas consensuel parmi les internes et les professionnels.
  • Une politique d’aide au logement indexée sur le prix de l’immobilier.
  • L’investissement de fonds publics pour la formation. Dans une pétition adressée début novembre au Président de la République, l’ISNI estime les besoins entre 3 et 5.000 euros par interne et par an.
  • Une revalorisation des indemnités de garde (de 120 euros actuellement pour 14 heures de travail de nuit).

Une enquête publiée en septembre 2019 par l’Intersyndicale et menée auprès de 8.000 internes (sur 27.000 en France) a montré que les internes travaillent en moyenne 55 heures par semaine, alors que leur temps de travail ne devrait pas dépasser 48 heures. De plus, 30% des internes déclaraient ne pas pouvoir prendre systématiquement leur repos de sécurité en lendemain de garde. Seul un quart déclaraient pouvoir prendre systématiquement ou souvent leur demi-journée de formation universitaire.

Big matching

Enfin, l’ISNI s’oppose à la procédure dite de « big matching » devant être effective en 2020 : le choix du stage de la phase 3 du troisième cycle des études médicales serait fait par un algorithme tenant compte du projet professionnel de l’étudiant, de ses vœux et de celui des responsables de l’enseignement. L’Intersyndicale craint que cela ne soit la porte ouverte au « favoritisme ».