L’inobservance favorise le vieillissement des capacités immunitaires liées au VIH chez l’enfant


  • Caroline Guignot
  • Actualités Médicales
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Messages principaux

  • La cohorte COVERTE CO19 montre que les jeunes adultes infectés par le VIH à la naissance ou durant l’enfance présentent un nombre réduit de progéniteurs hématopoïétiques CD34+ et de lymphocytes matures.
  • La sénescence de l’immunité de ces patients serait liée à une réplication virale non contrôlée.
  • L’observance semble un élément crucial pour le devenir immunitaire du patient pédiatrique et du jeune adulte.

 

L’inobservance au traitement antirétroviral des jeunes adultes infectés par le VIH à la naissance ou durant l’enfance favoriserait le vieillissement prématuré de l’immunité selon une étude française parue dans le journal AIDS . Celle-ci s’est en effet intéressée à différents marqueurs et effecteurs immunitaires mesurés chez de jeunes adultes de 18-25 ans infectés par le VIH par voie verticale ou pendant l’enfance regroupés dans la cohorte multicentrique ANRS COVERTE CO19. Ces données ont été comparées à celles issues de sujets infectés à l’âge adulte (25-55 ans) ou à une population plus âgée mais non infectée (65-70 ans).

Une réserve immunitaire diminuée

Ce travail montre ainsi que les adultes infectés durant l’enfance présentent un nombre réduit de progéniteurs hématopoïétiques CD34+ et de lymphocytes matures. Ils présentent aussi un rapport CD4/CD8 et un nombre de lymphocytes B (CD21+) et NK (CD56+CD3-) d’autant plus diminué que le taux de LT CD4 est faible. Cette observation est le signe d'une lymphopénie générale comparable à celle observée chez des adultes infectés plus tardivement, ou à l’immunosénescence observée dans une population âgée non infectée.

L’observance déterminante chez les jeunes

On sait que chez les sujets infectés par le VIH, la diminution du nombre de lymphocytes CD4+ n’est pas le seul évènement immunitaire délétère. En effet, on note aussi un épuisement progressif de la lymphopoïèse. Préserver cette dernière pourrait limiter le vieillissement immunitaire prématuré que l’on observe chez les patients VIH. Chez l’enfant, on pourrait donc s’attendre à ce qu’un traitement antirétroviral efficace et rapidement mis en place puisse contrecarrer l’impact du virus sur les ‘réserves’ immunitaires, le nombre et la capacité de régénération des précurseurs des lymphocytes étant élevés dans l’enfance. Or, dans ce travail, il apparaît que l’infection VIH non contrôlée par un traitement incorrectement suivi influence différents éléments immunitaires d’intérêt pour le maintien de la lymphopoïèse à long terme. L’observance est donc, a fortiori chez l’enfant et le jeune adulte, un élément déterminant à optimiser.