L’infarctus du myocarde sans obstruction significative des coronaires mérite un suivi étroit aussi !

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À retenir

Près de 10% des sujets ayant un infarctus du myocarde (IDM) n’ont pas d’obstruction significative des artères coronaires. Les résultats d’une étude de registre montrent que le suivi de mesures de prévention secondaire serait associé à un meilleur pronostic chez ce profil de patient. L’atteinte d’un taux cible de LDL-cholestérol et, dans une moindre mesure, le suivi d’un programme d’entraînement physique constitueraient les mesures les plus impactantes, réduisant respectivement le risque d’événement indésirable majeur à un an de 24-32% et de 10-23%. Ces résultats mettent en évidence que ces patients devraient recevoir un suivi similaire à celui des patients ayant eu un IDM avec sténose coronarienne significative.

Pourquoi est-ce important ?

L’infarctus du myocarde sans obstruction coronarienne significative est un état hétérogène de la maladie. Son importance a été soulignée dans les recommandations européennes de prise en charge de l’infarctus du myocarde avec sus-décalage du segment ST publiées en 2017. La prise en charge de ces patients après l’épisode aigu n’est cependant pas très clair. Les études portant sur l’importance du suivi et de l’atteinte des mesures cibles de prévention secondaire conventionnelle chez ces sujets font défaut. D’où l’intérêt de la présente étude.

Principaux résultats

  • Tous les patients de moins de 75 ans ayant eu un diagnostic clinique d’IDM entre janvier 2005 et août 2013 et dont l’angiographie a été enregistrée dans le registre SWEDEHAERT ont été inclus.
  • Au total, 16,8% patients du groupe 1 (obstruction non-significative des coronaires) et 16,5% patients du groupe 2 (obstruction significative des coronaires) ont eu un événement indésirable majeur (critère principal d’évaluation, p=0,592) durant la période d’observation d'un an ayant commencé après le suivi 6-10 semaines post-IDM (durée moyenne de 3,6 ans).
  • Les patients du groupe 1 étaient moins souvent suivis que les patients du groupe 2 et atteignaient moins souvent les cibles de prévention secondaire fixées.
  • La participation au suivi 6 à 10 semaines après l’hospitalisation était associée à une réduction du risque d’événement indésirable majeur à un an de 20% dans les groupes 1 et 2.
  • L’atteinte des taux cibles de LDL-cholestérol (réduction de 24 à 32%) et, dans une moindre mesure, la participation à un entraînement physique (réduction de 10 à 23%) constituaient les deux paramètres contribuant le plus significativement à réduire le risque de survenue d’un événement indésirable majeur chez les patients du groupe 1.

Méthodologie

  • Étude menée à partir d’analyses du registre SWEDEHEART (Swedish Web-system for Enhancement and Development of Evidence-based care in Heart disease Evaluated According to Recommended Therapies) ayant permis d’analyser les données de 5.830 sujets ayant eu un IDM avec une obstruction non-significative des coronaires (sténose coronarienne <50%, groupe 1) et 54.637 patients ayant eu un IDM avec une coronaropathie significative (sténose ≥50%, groupe 2).
  • Des analyses multivariées avec scores de propension ont été réalisées afin d’évaluer la réduction du risque d’évènements indésirables majeurs à un an (critère composite principal d’évaluation : mortalité toutes causes confondues, IDM fatal ou non, hospitalisation pour insuffisance cardiaque ou AVC ischémique) en association à des mesures préventives secondaires prédéfinies : participation à un suivi à 6-10 semaines après l’hospitalisation, atteinte de taux cibles de pression artérielle et de concentrations en LDL-cholestérol, arrêt du tabac, participation à un entrainement physique.

Principales limitations

  • Les données provenant de différents hôpitaux peuvent ne pas avoir la même qualité que celles d’une étude observationnelle prospective.
  • Les données du registre ne permettaient pas de séparer les patients sans signes de lésions coronariennes à l’angiographie et ceux ayant des signes de lésions coronariennes mais sans sténose ≥50%.

Financement

  • Étude financée par la Swedish Foundation of Strategic Research.