L’inactivité physique concerne plus d’un quart des humains !

  • Guthold R & al.
  • Lancet Glob Health
  • 1 oct. 2018

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir 

« Moins de 150 minutes d’activité modérée ou moins de 75 minutes d’activité physique intense par semaine ou l’équivalent d’un mixte des deux définit le seuil minimum d’activité physique »: ces recommandations de l’OMS sont martelées depuis de nombreuses années. Et pourtant, force est de constater que la tendance globale au manque d’activité physique à travers le monde peine à s’inverser. Tel est le constat de l’étude de l’OMS récemment publiée dansThe Lancet Global Health et réalisée à partir de données poolées représentatives de 96% de la population mondiale. Ainsi, en 2016, plus d’un quart de la population mondiale n’atteignait pas le niveau d’activité physique minimum recommandé par l’OMS. 

Depuis 2001, aucune évolution significative n’a été constatée. Les femmes seraient globalement moins actives que les hommes et l’écart se serait même accentué entre 2001 et 2016.  La réduction de 10% de l’inactivité physique d’ici à 2025, l’un des 9 objectifs du plan d’action 2013-2020 de l’OMS pour améliorer la prévention et la prise en charge des maladies non transmissibles, semble de fait bien difficile à atteindre. Ainsi, ce sont près de 1,4 milliards d’adultes qui seraient à risque de développer une maladie en lien avec le manque d’activité physique.

Analyses de données poolées de 358 enquêtes populationnelles provenant de 168 pays

Au total, 1,9 millions de sujets ont été inclus dans ces analyses. Ces données ont été recueillies à partir de 358 enquêtes menées entre 2001 et 2016, sur des échantillons représentatifs de la population de 168 pays. Les données compilaient l’activité physique dans quatre domaines majeurs (loisirs, travail, tâches ménagères, transports).

Principaux résultats

En 2016, plus d’un quart de la population mondiale (27,5%) se situait au-dessous du seuil minimum recommandé d’activité physique par l’OMS. En 2001, le taux correspondant était de 28,5%. Ainsi, entre 2001 et 2016, la proportion d’individus ne pratiquant pas suffisamment d’activité physique n’a diminué que de manière marginale et non significative.

Les femmes sont globalement moins actives que les hommes. Et l’écart continuerait à se creuser avec 6 points de pourcentage d’écart en 2001 et 8 en 2016.

De grandes disparités existent à travers le monde. La prévalence de l’inactivité physique serait plus de deux fois plus élevée dans les pays à haut niveau de revenu que dans les pays à faible revenu (36,8% vs 16,2%). Et celle-ci aurait par ailleurs continué à augmenter dans les pays à haut niveau de revenu depuis 2001 (passant de 31,6% à 36,8%), alors qu’elle se serait stabilisée dans les pays à faible revenu (16,0% en 2001 et 16,2% en 2016).

En 2016, la prévalence de l’inactivité physique dépassait les 50% dans 4 pays (le Koweït, les Samoa américaines, l’Arabie Saoudite et l’Irak), et elle était au-dessous de 10% dans 7 pays (Ouganda, Mozambique, Lesotho, Tanzanie, Niue, Vanuatu et Togo).

Au global, 42,3% de la population des pays occidentaux à haut revenu ne pratiqueraient pas une activité physique suffisante. En France, les données 2016 de cette étude montrent que 20,0 à 29,9% des hommes et 30,0 à 39,9% des femmes étaient physiquement insuffisamment actifs.