L’impact de la sévérité de l’hypertension sur le risque d’AVC varie selon le sexe

  • Madsen TE & al.
  • Hypertension
  • 1 oct. 2019

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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À retenir

L’association entre la sévérité de l’hypertension artérielle (HTA) et le risque d’accident vasculaire cérébral ischémique (AVC) serait plus étroite pour les femmes que pour les hommes. En effet, le suivi d’une cohorte prospective nationale large, constituée aux États-Unis, montre que le risque d’AVC pour chaque classe de pression artérielle systolique (PAS) croissante est supérieur chez la femme. Par ailleurs, indifféremment du sexe, il apparaît que ce risque croît également avec le nombre de médicaments antihypertenseurs suivis, démontrant ainsi que le risque d’AVC est d’autant moins élevé que la PA est facilement normalisée.

Pourquoi cette étude est-elle importante ?

La vulnérabilité des femmes face au risque d’AVC, et en particulier de type ischémique, est décrite mais son étiologie reste incomplètement élucidée. Les auteurs de cette étude ont souhaité évaluer si l’HTA, qui constitue l’un des facteurs de risque d’AVC, pouvait être impliquée dans ce constat. Si elle est limitée par le fait que les données concernant l’HTA et son traitement étaient seulement recueillies à l’inclusion, cette étude conforte l’idée d’une susceptibilité liée au sexe différente et invite à questionner la nécessité de recommandations spécifiques au genre, que ce soit en terme de prévention ou de traitement de l’HTA.

Méthodologie

Cette analyse a été menée à partir de la cohorte REGARDS ( Reasons for Geographic and Racial Differences in Stroke ) constituée entre 2003 et 2007 en recrutant des sujets de 45 ans ou plus sans antécédent d’AVC. Les données sociodémographiques et médicales ont été recueillies à l’inclusion, via un entretien et une visite. Les patients ont été classifiés en fonction de leur PAS et du nombre de traitements antihypertenseurs reçus à l’inclusion. Le suivi a permis de recueillir la survenue des AVC ischémiques.

Principaux résultats

  • Parmi les 26.461 participants (55,4% de femmes, 40.2% de sujets afro-américains, âge moyen 64-65 ans), 1.084 AVC ischémiques sont intervenus durant le suivi moyen de 8,7 ans.
  • Le risque d’AVC augmentait avec l'augmentation de la PAS et ce quel que soit le nombre de traitements antihypertenseurs reçus. Cependant, pour un même niveau de PAS ou un même nombre de traitements, les femmes étaient plus exposées que les hommes.
  • Lorsque l’analyse était menée en considérant la PAS comme une variable continue, les femmes présentaient un risque plus élevé d’AVC pour chaque augmentation de PAS de 10 mmHg (estimation de l’effet : 1,15 [1,10-1,20] contre 1,08 [1,03-1,14] chez l’homme, p=0,09).
  • En revanche, le risque d’AVC induit par l’augmentation du nombre de médicaments antihypertenseurs était similaire chez les hommes et chez les femmes (1,23 [1,14–1,33] et 1,21 [1,12–1,31] respectivement pour 1 molécule supplémentaire, p= 0,79).
  • Lorsque le risque global d’AVC associé à l'augmentation de la PAS était ajusté sur l’ensemble des facteurs de risque (sexe, nombre d’antihypertenseurs, diabète, fibrillation auriculaire, tabagisme, maladies cardiovasculaires prévalentes), les femmes apparaissaient plus vulnérables : 1,24 [1,15-1,35] contre 1,13 [1,04 -1,23] (p = 0,08).