L’immunothérapie, une arme efficace chez les sujets VIH atteints de cancer


  • Caroline Guignot
  • Actualités Médicales
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Messages principaux

  • Les données de suivi de la plus grande cohorte de patients vivant avec le VIH (PVVIH) atteints d'un cancer et traités par inhibiteur des points de contrôle du système immunitaire ont été publiées dans AIDS. 
  • L'immunothérapie apparaît globalement bien tolérée, sans exacerbation de l’infection ou évènement indésirables liés au système immunitaire.
  • L’immunothérapie semble offrir une efficacité comparable à celle des patients atteints de cancer non infectés par le VIH.

 

L'immunothérapie serait efficace et bien tolérée selon une cohorte observée en vie réelle à partir du réseau français CANCERVIH, regroupant des PVVIH atteints de cancer. L’étude portant sur 23 patients dont l’infection était bien contrôlée (78 % d’hommes, âge moyen 62 ans), soit la plus grande cohorte de sujets PVVIH traités par immunothérapie à ce jour, montre l’efficacité des inhibiteurs des points de contrôle du système immunitaire : parmi cette population, regroupant 21 sujets atteints de cancer bronchique non à petites cellules (CBNPC), un patient souffrant d’un mélanome et un sujet présentant un cancer de la tête et du cou, le nivolumab a été prescrit à 21 d’entre eux, et le pembrolizumab chez les deux autres patients. Après un suivi médian de 10,8 mois [2,0-27,7 mois], cinq patients ont bénéficié d’une réponse partielle et cinq autres d’une stabilisation, tandis qu’une progression était observée chez les 13 autres sujets. Le taux de survie médian des sujets souffrant de CBNPC était de 10,7 mois [8,4-15,9 mois].
En termes de sécurité et de tolérance, deux patients ont présenté un évènement indésirable de grade 3, dont l’un était lié au pembrolizumab. Aucune mort décès lié au traitement n'a été recensé. Enfin, le suivi des lymphocytes CD4 n’a pas mis en évidence de changement majeur parmi ceux pour lesquels le suivi était disponible.

D’autres confirmations attendues
CANCERVIH, soutenu par l’Institut National du Cancer (Inca), est un réseau national au sein duquel les patients bénéficient d’une prise en charge issue de Réunions nationales de Concertations Pluridisciplinaires (RCP) bimensuelles. Le traitement par immunothérapie était indiqué chez les sujets dont l’infection par le VIH était contrôlée, et s’il était conforme aux recommandations nationales.
Ce travail est encourageant car il offre des données positives sur l’efficacité de l’immunothérapie au sein d’une population dont le risque de cancer est supérieur à celui de la population générale mais pour laquelle, de façon contradictoire, peu de données cliniques sont disponibles. Des essais spécifiquement dédiés sont en cours et viendront éclairer ces résultats (CITN-12, IFCT-CHIVA2, ANRS CO24 OncoVIHAC…). Parallèlement, d’autres s’intéressent à l’évolution de l’infection sous traitement par immunothérapie, des données cliniques et animales suggérant le rôle des inhibiteurs des points de contrôle immunitaire dans les réservoirs cellulaires de VIH ou l’influence de ces inhibiteurs sur la réponse spécifique des lymphocytes T au VIH. Leurs données sont également attendues.