L’immunisation contre le VIH-1 avec la protéine Tat attaque les réservoirs de virus résistant au TARc


  • Daniela Ovadia — Agenzia Zoe
  • Actualités Médicales
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  • L’immunisation avec la protéine Tat représente une intervention prometteuse, axée sur la pathogenèse, visant à intensifier l’efficacité du traitement antirétroviral combiné (TARc ; intensification du TAR) et atténuant l’effet d’une mauvaise observance du schéma TAR.
  • Le vaccin contenant la protéine Tat déclenche une restauration immunitaire progressive et réduit le VIH latent de 90 % chez les patients sous TARc.
  • L’efficacité de la vaccination avec la protéine Tat était similaire, indépendamment du statut immunologique individuel ou de la taille du réservoir de VIH à l’inclusion à l’étude.

 

La protéine Tat du VIH-1 est une protéine jouant un rôle clé dans la virulence du VIH. Dans le cadre de l’infection à VIH naturelle, s’ils sont présents, les anticorps (Ac) anti-Tat sont en corrélation avec la phase asymptomatique et une progression plus faible de la maladie.

 

Dans l’essai clinique ISS T-002, les personnes infectées par le VIH sous TARc étaient immunisées par voie intradermique à l’aide de la protéine Tat biologiquement active, à raison de doses de 7,5 ou de 30 μg, administrées 3 ou 5 fois, à intervalles d’1 mois. L’étude de suivi prolongé de 8 ans de l’essai ISS T-002 (menée dans 8 centres cliniques) portait sur 92 volontaires (59 % de l’intégralité des vaccins).

 

Le critère d’évaluation principal était la persistance de la réponse immunitaire humorale anti-Tat : les (Ac) anti-Tat ont persisté pendant toute la période de suivi chez une proportion élevée de participants, en particulier dans les schémas de dose de protéine Tat de 30 μg et lorsque les 3 classes d’Ac (A/G/M) étaient présentes.

 

L’étude a révélé une augmentation statistiquement significative des numérations de lymphocytes T CD4+ atteignant un plateau stable (niveaux supérieurs à 100 cellules/µL, par rapport aux valeurs à l’inclusion) 5 ans après la vaccination, et ce, même chez les sujets ayant un nadir de lymphocytes T CD4+ inférieur ou égal 250 cellules/μL, connu pour ne pas répondre suffisamment au TARc ou à la vaccination.

Les niveaux de lymphocytes T CD8+ sont restés stables, ce qui a donné lieu à une augmentation statistiquement significative du ratio de lymphocytes T CD4+/CD8+, un marqueur pronostique de morbidité/mortalité.

 

Le modèle de régression à effets aléatoires a ensuite été utilisé pour estimer le taux de détérioration de l’ADN du VIH-1. Fait remarquable, une demi-vie (t1/2) de l’ADN du VIH-1 et une réduction de 90 % du réservoir d’ADN ont été estimées pour l’ensemble de la population de l’étude.

 

Il convient de noter que les effets majeurs de la vaccination avec la protéine Tat ont été observés avec la dose de Tat de 30 μg administrée 3 fois.

En outre, les données ont laissé entendre que le contrôle continu à long terme des réservoirs de virus serait lié à l’amélioration de l’homéostasie immunitaire induite par le vaccin contenant la protéine Tat.

 

Finalement, bien qu’il n’ait pas été possible de surveiller tous les paramètres connus pour participer à l’immunité induite par la vaccination, l’immunisation avec la protéine Tat pourrait représenter un bon vaccin candidat pour l’intensification du TARc en vue des stratégies de déplétion des réservoirs de VIH, de guérison fonctionnelle et d’éradication.