L'hyponatrémie, un risque d'hospitalisation sous antiépileptiques

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Après 60 ans, l'incidence de l'épilepsie est estimée entre 60 et 135 nouveaux cas pour 100.000 personnes chaque année. Certains anti-épileptiques, comme la carbamazépine ou les sels d'acide valproïque, leurs sont souvent prescrits. Or, la littérature rapporte un risque d'hyponatrémie lié à ces médicaments, potentiellement grave pour des sujets fragiles. Or, une hyponatrémie même modérée peut se traduire cliniquement par des troubles de l'équilibre, de l'attention et un risque de chutes.

Si les données relatives à la carbamazépine sont assez bien étoffées, il n'en n'est pas de même pour d'autres anti-épileptiques pour lesquels des preuves solides manquent. Des chercheurs canadiens ont donc conduit une étude pour évaluer le risque d'hospitalisation pour hyponatrémie de sujets âgés, dans les trente jours suivant le début d'un traitement par un anti-épileptique.

Méthodologie

  • L'étude rétrospective a été conduite à partir de deux populations en Ontario (Canada) de personnes de plus de 65 ans, entre juin 2003 et mars 2015. La première était composée de sujets venant de recevoir une prescription de carbamazépine (groupe C), la seconde de sujets venant de recevoir une prescription d'antiépileptiques dont l'impact sur le sodium plasmatique est moins bien décrit (acide valproïque, phénytoïne, topiramate, groupe VPT). Les patients inclus ne pouvaient recevoir que l'une ou l'autre de ces molécules.

  • Parallèlement, un groupe de sujets âgés, non traités par l'un de ces médicaments au cours des 6 mois précédant l’étude, a été constitué pour former le groupe contrôle.

  • Les informations concernant la démographie, le diagnostic clinique, les traitements prescrits et l'hospitalisation pour hyponatrémie ont été recueillies au sein des différentes bases de données canadiennes (Ontario Registered Persons Database, Ontario Drug Benefits Program database…).

  • L'hyponatrémie était définie par un taux plasmatique moyen de sodium de 125 mmol/L à l'admission.

  • L'objectif était d’évaluer la présence d'une hyponatrémie à l'admission dans les 30 jours suivant la prescription d’antiépileptiques. Des analyses en sous-groupes étaient aussi planifiées pour évaluer le risque relatif à chacune des molécules du groupe VPT, ainsi que le risque selon la dose (normale ou haute), la présence d'une insuffisance rénale chronique (IRC), la présence d'une insuffisance cardiaque congestive, ou le traitement concomitant par diurétique.

Résultats

  • Après appariement en fonction de scores de propension, l'analyse a reposé sur les données de 21.191 personnes dans le groupe C comparées à celles de 63.573 sujets contrôles, et de 20.155 personnes dans le groupe VPT comparées à celles de 40.310 sujets contrôles.

  • Au total, 82 hospitalisations avec hyponatrémie dans les 30 jours avait eu...