L’hypnose est efficace pour réduire le stress et l’anxiété liés aux soins douloureux chez les enfants

  • Chester SJ & al.
  • Pain
  • 1 sept. 2018

  • Par Agnès Lara
  • Résumé d’articles
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À retenir

Selon une étude parue dans la revue Pain, l’hypnose améliore l’anxiété et le niveau de stress d’enfants brûlés devant subir des soins douloureux répétés. Elle peut donc être utilisée dans la prise en charge de l’anxiété précédant les soins ou pour réduire le stress leur faisant suite. Elle ne permet cependant pas de réduire l’intensité de la douleur, ni d’accélérer la cicatrisation, alors que ces deux paramètres constituaient le critère principal de l’étude.

Pourquoi cette étude a-t-elle été réalisée ?

L’hypnose a montré des résultats prometteurs pour réduire les symptômes liés aux soins douloureux, en particulier chez les enfants (stress et douleurs liés aux piqûres ou aux ponctions lombaires notamment). Mais elle n’avait encore jamais été évaluée dans le cadre d’un essai contrôlé randomisé chez des enfants brûlés. Les soins des brûlures sont à l’origine de douleurs intenses et répétées, souvent vécues comme insoutenables. Celles-ci peuvent générer une grande anxiété chez l’enfant. Elles ne sont que partiellement soulagées par les traitements médicamenteux et peuvent même avoir des conséquences à plus long terme (syndrome de stress post-traumatique). Par ailleurs, le fait de réduire la douleur et l’anxiété chez ces enfants a été associé à une cicatrisation plus rapide des brûlures. Restait donc à évaluer l’effet de l’hypnose en plus des soins usuels sur la douleur et la vitesse de guérison des brûlures.

Méthodologie

Cet essai réalisé au sein d’un hôpital pédiatrique de Brisbane a été mené auprès d’enfants présentant des brûlures aiguës (quelque soit leur degré de sévérité) et venant changer leur pansement pour la première fois. Ils ont été randomisés pour recevoir des séances d’hypnoses en plus des soins standards  (n=27) ou bien des soins standards seuls (n=35).

L’intensité de la douleur (évaluée par les patients sur l’échelle des visages, FPS-R), l’anxiété (échelle visuelle analogique), le stress (α-amylase, cortisol salivaire, rythme cardiaque) et le niveau de cicatrisation des blessures étaient mesurés avant, pendant et après chaque changement de pansement jusqu’à ce qu’une cicatrisation à ≥95% de l’épithélium cutané ait été obtenue.

Résultats

  • Les données de 62 enfants de 4 à 16 ans ont ainsi été analysées, 27 dans le groupe hypnose + soins standards et 35 dans le groupe soins standards seuls. L’étendue moyenne des brûlures était de 2,61% de la surface corporelle.
  • L’intensité de la douleur rapportée par les enfants n’a pas montré de différence significative entre les deux groupes d’intervention quel que soit le changement de pansement considéré. La différence moyenne (DM) la plus importante enregistrée était de -0,85 [-1,91 à 0,22] (p=0,12) en faveur de l’hypnose et observée juste avant l’application du nouveau pansement lors de la 2evisite.
  • Aucun avantage n’a pu être enregistré non plus sur le plan de la cicatrisation puisque la DM entre les deux groupes était de -0,46 [-4,27 à 3,35] (p=0,81).
  • En revanche, une réduction significative de l’anxiété a pu être observée dans le groupe hypnose (DM -0,80 [-1,50 à -0,10], p=0,03) lors de la 2visite, juste avant l’application du pansement. Et le stress, mesuré par le rythme cardiaque lors du 3echangement de pansement, était significativement plus bas dans le groupe hypnose (DM de -15,20 [-27,20 à -3,20] (p=0,01) avant retrait du pansement et après -15,39 [-28,25 à -2,52] (p=0,02) respectivement).

Limitations

Les soins usuels comportaient différentes interventions non pharmacologiques avant et en cours de soins (présence parentale, distraction, livre, télévision, jouets, musique, etc.) qui pouvaient varier selon les enfants et qui ont pu interférer avec l’hypnose.

Les enfants ayant reçu leur premier pansement sous anesthésie générale étaient exclus.