L’hypersexualité pourrait être associée à un trouble de l’ocytocine

  • Boström AE & al.
  • Epigenetics
  • 22 sept. 2019

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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Les microARN peuvent réguler ou inhiber l'expression des gènes par méthylation de l’ADN. L’un d’eux, MIR4456, serait impliqué chez les sujets souffrant d’hypersexualité, un trouble dans lequel le comportement sexuel est exacerbé (pensées, fantasmes, pulsions et comportements sexuels récurrents et excessifs). Ce microARN, apte à passer la barrière hémato-encéphalique, cible habituellement des gènes impliqués dans la régulation de l’ocytocine au niveau cérébral. Une expression réduite de MIR4456 permettrait d’accroître le taux d’ocytocine, dont le rôle dans l’attachement à l’enfant comme au partenaire a été décrit, ainsi que dans la reproduction ou l’agressivité, chez l’homme comme chez la femme.

Cette observation a été réalisée à partir de l’étude comparative des mécanismes épigénétiques chez 60 hommes et femmes souffrant d’hypersexualité et chez 33 volontaires sains. En étudiant 8.852 régions de méthylation de l’ADN, ils ont identifié deux régions distinctes, dont l’une d’elles présentait un niveau de méthylation qui était associé au niveau d’expression de MIR4456. Ces différents éléments ont été décrits dans un second temps comme étant liés à la voie de l’ocytocine au niveau cérébral.

Enfin, les chercheurs ont validé leurs résultats auprès d’une cohorte regroupant des sujets sains et des sujets alcoolo-dépendants, parce que ces deux phénotypes partagent l’addictation comme composante commune. Il est apparu que la méthylation du locus ciblé par le MIR4456 était différente chez les sujets alcoolo-dépendants, ce qui suggère que le phénomène décrit dans cette étude est spécifique de la dépendance liée à l’hypersexualité et non à un phénotype de dépendance plus générique.

Si la variation du niveau de méthylation de l’ADN est faible entre les patients et les sujets sains, cette étude permet toutefois de penser que l’hypersexualité est un trouble associé à l’ocytocine et que des approches permettant d’en réduire l’expression pourraient constituer une potentielle voie d’approche thérapeutique.