L’homéopathie n’est pas une médecine « alternative »


  • Serge Cannasse
  • Actualités Médicales
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L’Académie de médecine persiste et signe, en associant celle de pharmacie à sa position : les données scientifiques ne vérifient pas les hypothèses fondant l’homéopathie (soigner le mal par le mal grâce aux hautes dilutions) et ne montrent pas son efficacité. Elle réitère donc ses conclusions précédentes (datant de 1984, 1987 et 2004). Il n’y a aucune raison de faire délivrer un diplôme ou un certificat d’homéopathie par les facultés de médecine et de pharmacie. En revanche, les enseignements de thérapeutique doivent donner des informations à son sujet. N’ayant pas subi avec succès les épreuves montrant qu’une substance homéopathique est un médicament, leur étiquetage doit porter la mention « L’efficacité du produit n’a pas été démontrée selon les normes en vigueur ». Enfin, « le remboursement de ces produits par la Sécurité sociale apparaît aberrant » et ce d’autant plus que pour des raisons économiques, de nombreux médicaments classiques pour lesquels il n’a pas été démontré de service médical rendu sont déremboursés.

Les Académies ne prônent cependant pas l’abandon des médicaments homéopathiques, « dans les situations où l’emploi d’une thérapie complémentaire est souhaitée, à condition que celle-ci n’induise pas une perte de chance. » Mais le médecin doit être conscient qu’il ne s’agit pas d’une médecine « alternative ».

Les Académies constatent également, avec regret, que presque trois quarts des Français (72%) « croient aux bienfaits de l’homéopathie », qu’un peu plus de la moitié y a recours (52%) et que 43% des professionnels de santé (médecins, sages-femmes, dentistes) en prescrivent, y compris en milieu hospitalier. Pour elles, cela s’explique par la sous-estimation par les uns et les autres de l’effet placebo avec attente, « un phénomène neurophysiologique scientifiquement établi », dépendant de « l’attente du patient, de l’annonce qui lui est faite et de ce qui lui est proposé (charisme du thérapeute, réputation de la méthode, complexité du dispositif). » Est également en cause « l’effet conditionnement », lié à « la répétition d’expériences antérieures d’amélioration sous médicament actif », dépendant de « structures cérébrales profondes » et « spécifique du symptôme traité . » En conséquence, elles plaident pour l’inclusion ou le renforcement des enseignements dédiés à la relation médecin-malade, ainsi qu’au « bon usage des médecines complémentaires intégratives. »

Elles préconisent enfin la création d’une « base indépendante et actualisée d’information du public sur les thérapies complémentaires » pour tirer profit du constat que les Français feraient confiance à un site labellisé par l’État.