L'hiver, saison de prédilection pour le purpura thrombopénique immunologique

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Le purpura thrombopénique immunologique (PTI) est une maladie hématologique rare causée par la destruction auto-immune des plaquettes, souvent associée à un défaut de production de ces cellules. Après que quelques études aient suggéré une saisonnalité de la survenue du PTI chez l'enfant, une analyse des données de l'Assurance Maladie a montré un pic d'incidence au printemps et au début de l'été au sein de la population française (enfants et adultes). Une nouvelle étude française vient cette fois de s'intéresser à la variabilité saisonnière de la maladie chez les adultes uniquement. Elle permet de conforter un peu plus la corrélation entre virus grippal et incidence du PTI.

Méthodologie

  • Étude rétrospective conduite à partir de la base de données du Centre de référence des cytopénies auto immunes de l'adulte de Créteil qui recense quasi-exhaustivement les cas de PTI survenant en Ile-de-France.

  • Les cas de PTI survenus entre 1990 et 2014 chez des sujets de plus de 15 ans ont été analysés.

  • La date de survenue du PTI était fixée à partir de la date du premier bilan sanguin montrant une numération plaquettaire anormale (<100.109/L).

  • Pour corréler la survenue du PTI à une possible infection virale, l'incidence du PTI a été rapportée aux données d'incidence des infections grippales chez les adultes dans la région francilienne (données INVS).

Résultats

  • La date de la première numération plaquettaire anormale n'était pas connue pour 127 des 663 patients inclus dans l'étude. L'analyse a donc été conduite chez 536 sujets.

  • L'âge moyen de la cohorte était de 40,9 ans et 66,8% d'entre eux étaient des femmes. Le PTI était persistant ou chronique (>3 mois) chez 321 sujets (59,9%) et avait duré moins de trois mois chez 184 sujets (34,3%) (31 données manquantes).

  • La répartition calendaire de l'incidence du PTI montre que les mois de janvier et février sont ceux au cours desquels le nombre de cas est le plus élevé. À l'inverse, le nadir de la courbe de répartition calendaire survenait en août.

  • L'analyse des courbes en fonction de la durée du PTI montré que la courbe d'incidence des PTI aigus est superposable à celle de l'incidence de la grippe les mois d'hiver. À l'inverse, cette corrélation n'est pas retrouvée dans les cas de PTI persistants et chroniques.

  • Parmi le groupe de sujets ayant souffert de PTI aigu, des pics de moindre intensité ont aussi été relevés en juin et en octobre.

Limitation

L'aspect rétrospectif et le pourcentage de sujets exclus de l'analyse peuvent avoir impacter la qualité des résultats.

À retenir

La survenue du PTI aigu semble corrélée à celle de la grippe en Ile-de-France. Si le PTI peut être lié à d'autres virus, les auteurs suggèrent que celui de la grippe serve de marqueur pour suivre la saisonnalité du PTI. Les auteurs posent l'hypothèse que les pics relevés en juin et en octobre, et déjà identifiés chez les enfants, pourraient être corrélés aux infections par entérovirus. Enfin, les PTI chroniques et persistants semblent moins soumis à une influence virale.