L’exposition anténatale aux corticoïdes impacte la croissance fœtale

  • Rodriguez A & al.
  • PLoS Med
  • 1 févr. 2019

  • Par Agnès Lara
  • Résumé d’articles
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À retenir

À la naissance, la taille des nourrissons nés prématurés entre 30 et 41 semaines de grossesse, et exposés aux corticoïdes avant leur naissance en raison d’un risque de prématurité, est réduite par rapport aux enfants non exposés. Dans les différentes analyses statistiques, une réduction du poids de naissance est retrouvée chez les nourrissons nés prématurés, près du terme ou à terme, les premiers étant les plus affectés. La taille des nourrissons et leur périmètre crânien sont également diminués. Pour l’ensemble de ces paramètres, l’impact était plus important chez les enfants prématurés, diminuait avec l’augmentation de l’âge gestationnel à la naissance, mais restait encore significatif chez les enfants à terme, indiquant un effet durable des corticoïdes. La vigueur des enfants à la naissance, mesurée par le test d’Apgar (5 min), semblait davantage affectée chez les filles exposées que chez les garçons, suggérant un effet différentiel des corticoïdes selon le sexe qui reste à expliquer.

Pourquoi cette étude a-t-elle été réalisée ?

La corticothérapie anténatale (CA) est utilisée pour accélérer la maturation pulmonaire et réduire la mortalité par détresse respiratoire chez les enfants ayant un risque de naître prématurés. Les recommandations internationales préconisent leur administration chez les femmes ayant atteint 24 à 34 semaines de grossesse et présentant un risque d’accouchement prématuré dans les 7 jours. Étant donné le large recours à ces traitements, il était important d’établir clairement les effets indésirables potentiels sur la croissance fœtale pour soutenir la prise de décision médicale. Dans le cadre d’une étude de grande ampleur, une équipe finlandaise a évalué l’impact d’une exposition anténatale aux corticoïdes sur les paramètres de croissance de l’enfant à la naissance.

Méthodologie

Les chercheurs ont pour cela utilisé les registres de naissance finlandais entre janvier 2006 et décembre 2010 pour savoir si les nourrissons qui avaient été exposés aux corticoïdes avant la naissance (2 fois 12 mg à 24 heures d’intervalle) avaient ou non un poids de naissance plus faible que ceux qui n’y avaient pas été exposés. Le poids, la taille, l’indice pondéral (poids kg/taille m3) et le périmètre crânien mesurés à la naissance et comparés selon l’exposition ou non à une CA ont été stratifiés en fonction de l’âge gestationnel à la naissance : grands prématurés (24 à 29 semaines de grossesse), prématurés (30 à 34 semaines de grossesse), presque à terme (35 à 37 semaines de grossesse) et au-delà du terme (≥42 semaines). 

Résultats 

  • 278.508 nourrissons nés vivants à au moins 24 semaines de grossesse (monofœtale) ont été enregistrés au cours des 5 années étudiées et plus de 4% d’entre eux sont nés prématurés.
  • 4.887 mères ont reçu une CA et 44% des nourrissons exposés sont nés à terme.
  • En analyse non ajustée, l’exposition à une CA a été associée à une réduction du poids de naissance chez les grands prématurés, prématurés, nés presque à terme et à terme.
  • En analyse ajustée sur les paramètres et les pathologies de départ, la CA a été associée à une réduction significative du poids de naissance par rapport à l’absence d’exposition : -61,4g chez les grands prématurés (p
  • La taille, le périmètre crânien et l’indice pondéral des  grands prématurés et enfants prématurés étaient également réduits de façon significative. Les enfants nés près du terme et à terme étaient également plus petits et avaient un plus petit poids de naissance, mais leur indice pondéral était inchangé. Et aucun de ces paramètres n’était affecté chez les enfants post-terme.
  • Cet impact sur la croissance persistait lorsque les sujets étaient appariés selon leur score de propension à l’inclusion (score basé sur les paramètres sociodémographiques, l’histoire médicale de la grossesse et l’existence de complications). Et là encore, les enfants prématurés payaient le plus lourd tribu (-220g sur le poids de naissance, - 1,43 cm sur la taille et -0,92 cm sur le périmètre crânien).
  • Globalement, les scores au test d’Apgar 5 minutes après la naissance n’indiquaient pas de différence de vigueur des nourrissons dans les différents groupes. Chez les garçons aucune différence n’est apparue en dehors d’un score légèrement plus élevé chez ceux non exposés et nés à terme. En revanche, parmi les filles, les scores étaient plus bas chez celles nées de façon très prématurée, prématurée, presque à terme ou après le terme, par rapport aux nourrissons non exposés.
  • Les enfants exposés à une CA recevaient également plus de soins après la naissance que les enfants contrôles.