L’expérience infirmière-MICI à l’hôpital Robert Debré à Paris

  • Martinez-Vinson C & al.
  • BMJ Open
  • 11 mai 2020

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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Que retenir ?

La création d’un poste d’infirmière en charge de l’accompagnement et de l’éducation des enfants et adolescents souffrant de maladie inflammatoire chronique des intestins (MICI) au sein d’une l’équipe multidisciplinaire de l’hôpital Robert Debré a permis de :

  • Réduire d’un tiers le nombre d’hospitalisations pour épisode inflammatoire aigu en lien avec une MICI ;
  • Réduire les coûts associés à ces hospitalisations de 35.000 euros environ sur un an.

Pourquoi ces résultats sont intéressants ?

Les MICI sont des maladies à risque important de rechute et d’hospitalisations associées. Cette étude met en valeur la plus-value du poste d’infirmière-MICI qui permet un renforcement de l’équipe, une diminution des coûts d’hospitalisation et qui offre aux patients un accès plus rapide à l’information et un meilleur suivi en ambulatoire.

Méthodologie

Les données sont issues de deux sources : du Programme de Médicalisation des Système d’Information (PMSI) et du Centre des Maladies Rares (CEMARA). Tous les patients de moins de 18 ans ayant reçu un diagnostic de MICI à l’hôpital Robert Debré entre octobre 2016 et septembre 2018 ont été inclus. Cette étude rétrospective a permis de comparer les données d’hospitalisation sur une période d’un an avant et d’un an après l’introduction du poste d’infirmière-MICI. Les patients pouvaient avoir accès directement à cette infirmière par téléphone ou email et elle était disponible tous les jours de la semaine. Présente à l’annonce du diagnostic afin d’accompagner les patients, elle leur dispensait des informations ainsi qu’à leur entourage, assurait des rendez-vous face-face, participait à l’éducation du patient et s’assurait de la bonne compréhension des informations transmises. 

Principaux résultats

Au total, les données de 252 patients (87% souffrant de maladie de Crohn et 13% de rectocolite hémorragique) suivis par le Centre Robert Debré ont été inclus dans le programme d’éducation thérapeutique (56% de garçons, âge médian 15 ans). Sur une année, l’infirmière-MICI a conduit 565 rendez-vous face-face, pour la plupart en hôpital de jour (n=391). Seuls 9% des patients n’ont pas assisté aux rendez-vous. 

Sur l’ensemble des patients, seuls 6,85% souffrant de MICI ont été hospitalisés dans l’année suivant la mise en place du programme d’éducation thérapeutique avec l’infirmière-MICI, contre 12% dans l’année précédente (p=0,002), et le nombre de poussées inflammatoires était significativement réduit.

Le nombre d’hospitalisation et le nombre de jours d’hospitalisation a diminué, générant une économie estimée à 35.070 euros. Plus de patients ont été hospitalisés pour diagnostic (suspicion de MICI et hospitalisation programmée pour coloscopie et biopsie) : 32 avant versus 54 après. Les auteurs pensent que cette hausse pourrait être liée à l’augmentation du nombre de patients diagnostiqués année après année, ainsi qu’à la visibilité de la création de cette organisation dans un centre de référence comme celui-ci. Les raisons des hospitalisations n’étaient pas différentes avant et après.

Limitations

Possibilité de biais dans le report des données, inhérent à toute étude rétrospective.