L’existence d’une fibrillation atriale persistante doublerait le risque de chute chez les sujets âgés

  • Arita T & al.
  • J Am Med Dir Assoc
  • 20 nov. 2018

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir 

Les résultats de cette étude, certes menée dans un seul centre hospitalier, mais auprès de plus de 14.000 individus, montrent que la fibrillation atriale persistante augmenterait de manière indépendante le risque de chute chez les sujets de 75 ans et plus. En revanche, ce risque ne serait pas augmenté en cas de fibrillation atriale paroxystique. Les auteurs ont évoqué plusieurs raisons pour expliquer cette association. Notamment, les sujets qui souffrent de fibrillation atriale persistante ont plus de facteurs de risque de chute (âge, diabète, dépression, déclin cognitif) que ceux qui souffrent de fibrillation atriale paroxystique. Une fibrillation atriale persistante peut également altérer la mobilité par diminution de la perfusion multi-organes, dont les jambes. L’hypoperfusion engendrée par la situation clinique peut également être cérébrale et altérer les fonctions cognitives. Enfin, la polymédication plus fréquente chez les sujets âgés et ayant un trouble du rythme persistant contribue également à augmenter le risque de chute chez ces sujets.

Pourquoi cette étude a-t-elle été menée ?

De précédentes études ont suggéré une relation entre la fibrillation atriale et le risque de chute. La prévention des chutes est un élément essentiel dans une société vieillissante compte tenue de l’impact de celles-ci sur l’autonomie et la qualité de vie des individus. De manière similaire, il est admis que la fibrillation atriale augmente avec l’âge et contribue à diminuer l’espérance de vie. De fait, il était intéressant d’évaluer l’association entre type de fibrillation atriale, âge et risque de chute pour mieux prendre en charge ou mettre en place des mesures adaptées pour anticiper ces problématiques.

Méthodologie

L’incidence des chutes a été mesurée au sein d’une cohorte hospitalière durant 3 ans et croisée avec différents types de fibrillation atriale. La fibrillation atriale était diagnostiquée lors de la visite initiale sur la base d’un ECG et de l’histoire médicale du patient. La fibrillation atriale paroxystique (FAP) était définie par : un rythme sinusal (RS) à l’ECG et un diagnostic antérieur de fibrillation atriale ; une fibrillation atriale symptomatique à l’ECG à la visite initiale et dont la durée estimée était inférieure à 7 jours selon les symptômes ou les enregistrements à l’ECG ; ou encore une FA asymptomatique à l’ECG lors de la visite initiale et l’absence de FA dans la semaine écoulée. Enfin, les patients dont la FA était supposée durer depuis plus de 7 jours étaient catégorisés comme souffrant de fibrillation atriale persistante (FAPe).

Principaux résultats

Au total, 14.056 patients ont été recrutés entre février 2010 et mars 2016 (11.808 sujets de moins de 75 ans, et 2.248 de 75 ans et plus). La cohorte a été divisée en trois groupes en fonction du rythme cardiaque à l’inclusion : rythme sinusal (RS), fibrillation auriculaire paroxystique (FAP), fibrillation auriculaire persistante (FAPe).

Les sujets ayant une fibrillation atriale persistante étaient plus susceptibles d’être des hommes, de présenter des symptômes d’insuffisance cardiaque, une maladie rénale chronique, un score CHADS2 élevé par rapport aux autres sujets, et ce quel que soit leur âge (

Durant le suivi moyen de 555 jours, 1,1% des individus ont chuté (0,6% des moins de 75 ans et 3,8% des 75 ans et plus). 

Après une année de suivi, l’incidence cumulée des chutes était similaire chez les sujets de moins de 75 ans qu’ils aient un rythme sinusal, une fibrillation atriale paroxystique ou une fibrillation atriale persistante (respectivement 0,4%, 0,4% et 0,6%, p =0,496), alors qu’elle était significativement différente chez les sujets de 75 ans et plus (respectivement 2,3%, 2,7% et 5,0%, p=0,024).

En analyses multivariées, par rapport au rythme sinusal, ni la fibrillation atriale paroxystique, ni la fibrillation atriale permanente n’ont été associées à un risque de chute chez les individus de moins de 75 ans (respectivement hazard ratio (HR) 1,17 [0,55-2,51] et 1,50 [0,63-3,5]). En revanche, dans le groupe des 75 ans et plus, la fibrillation atriale persistante doublait le risque de chute (HR 2,26 [1,26-4,04]), mais pas la fibrillation atriale paroxystique (HR 1,3 [0,67-2,57]). 

Principales limitations

Cohorte issue d’un seul centre hospitalier.