L’exercice physique sur la durée réduit le risque de chute et de blessure associée

  • de Souto Barreto P & al.
  • JAMA Intern Med
  • 28 déc. 2018

  • de Agnès Lara
  • Résumé d’articles
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À retenir

Chez les sujets âgés, des programmes d’exercice multimodaux et basés sur la durée (1 an ou plus) sont associés à une diminution modeste mais significative du risque de chute (-12%), de blessures liées aux chutes (-26%). Un rythme de deux à trois séances par semaines d’une durée de 50 minutes semble optimum pour obtenir ces bénéfices. En revanche, les risques de mortalité, de chute répétée et d’hospitalisation restent inchangés. Des essais randomisés avec un suivi à long terme sont attendus pour confirmer la tendance à réduire du risque de fracture observée dans cette méta-analyse.

 

Pourquoi cette étude a-t-elle été réalisée ?

Les bénéfices de l’activité physique sur la santé du sujet âgé sont multiples et interviennent à différents niveaux : musculaire et squelettique, cardiovasculaire et peut-être même cognitif. Une méta-analyse a montré qu’elle pouvait réduire le risque de chute et de complications majeures, mais la plupart des études incluses concernaient des programmes d’exercice réalisés sur des durées courtes ou moyennes. Plus récemment, l’étude LIFE ayant évalué l’intérêt d’une activité physique sur de plus longues durées a jeté le doute sur la sécurité de ce type d’intervention dans cette population, en termes d’hospitalisations et de mortalité. Des chercheurs du gérontopôle de Toulouse ont donc souhaité étudier la relation entre programme d’exercice physique à long terme et risque de chute et de complications associées chez le sujet âgé. 

Conception de l’étude

Une revue de la littérature a recherché tous les essais contrôlés randomisés ayant inclus des sujets de 60 ans et plus, et évalué les bénéfices d’un programme d’activité physique de longue durée (≥1 ans) par rapport à un groupe contrôle. Les risques de blessures liées aux chutes, de chutes répétées, de fractures, d’hospitalisations et la mortalité ont été évalués.

Résultats

  • Quarante six études ont été sélectionnées et 40 (représentant 21.868 sujets) ont pu être incluses dans la méta-analyse. La plupart avaient été menées en Europe, en Amérique du Nord ou en Océanie. L’âge moyen des participants était de 73 ans et 66% d’entre eux étaient des femmes.
  • Les programmes d’activité physique les plus utilisés étaient multimodaux et comprenaient des exercices de fitness, de force musculaire et d’équilibre, d’intensité modérée. Les exercices étaient pratiqués à raison de 3 séances de 50 minutes par semaine et sur une durée de 17 mois en moyenne, avec une observance d’environ 65%.
  • Seize essais ont étudié l’effet de ce type d’intervention sur des populations particulières (troubles cognitifs, démences, maladies cardio-vasculaires).
  • L’exercice a permis de diminuer le risque de chute de 12% (RR 0,88 [IC95% : 0,79-0,98]) et de blessures liées aux chute de 26% (RR 0,74 [IC95% : 0,62-0,88]) par rapport aux sujets contrôles. Une réduction non significative du risque de fractures a également été observée (RR 0,84 [IC95% : 0,71-1,00], p=0,047).
  • Ce type d’intervention ne permettait cependant pas de diminuer le risque de chutes répétées, d’hospitalisation, ni la mortalité.
  • Selon les analyses en méta-régression, deux à 3 séances de 50 minutes par semaine semblaient représenter la fréquente optimale pour obtenir un bénéfice sur la mortalité, alors des fréquences supérieures étaient associées à une augmentation du risque de chute.

Limites

L’observance n’était pas connue pour l’ensemble des essais analysés.

Le critère de durée des programmes d’exercice imposé pour l’inclusion a éliminé plusieurs études réalisées sur des durées plus courtes. Et une observation sur des durées plus longue aurait peut-être permis d’observer un effet significatif sur le risque de fracture notamment.

Il existait une grande hétérogénéité des patients inclus, et l’analyse en sous-groupe était limitée du fait d’un faible nombre de participants réduit dans chacun des sous-groupes.