L’étude PURE : améliorer l’éducation pour améliorer la santé ?

  • Rosengren A & al.
  • Lancet Glob Health
  • 23 avr. 2019

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte. L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte.

À retenir 

Les résultats de cette étude internationale montrent que le niveau d’éducation serait plus fortement lié au risque de maladie cardiovasculaire et de mortalité que le niveau de revenu du foyer ou que les indicateurs socio-économiques. Ainsi, les sujets ayant les plus faibles niveaux d’éducation sont plus à risque d’événement cardiovasculaire ou de décès précoce que les autres. Si ce constat est fait quel que soit le niveau économique du pays dans lequel ils vivent, il est cependant plus accentué dans les pays à faible revenu. 

Méthodologie

L’étude PURE est une étude prospective de très grande envergure, menée dans 20 pays, et ayant inclus des populations urbaines et rurales d’adultes âgés entre 35 et 70 ans. Les données concernant les foyers, les individus (revenus, éducation, habitudes de vie), ainsi que les facteurs de risque cardiovasculaire ont été collectés via des questionnaires. Les données concernant les facteurs de risque cardiovasculaire ont été complétées par un examen physique. Les critères d’évaluation comprenaient un critère composite (décès d’origine cardiovasculaire, AVC, IDM, insuffisance cardiaque), ainsi que la mortalité cardiovasculaire et la mortalité toutes causes confondues.

Principaux résultats

Au total, 154.169 sujets ont été inclus dans les analyses. L’Inde a contribué à hauteur de 81% à la population à faible revenu évaluée, la Chine pour 45% de la population à revenu moyen et le Canada à 60% de la population à haut revenu. Sur un suivi moyen de 7,5 ans, 7.744 cas de décès et 6.936 cas de maladies cardiovasculaires majeures ont été notifiés au sein de cette population.

  • Les individus qui vivent  dans un pays à faible revenu et qui ont le plus faible niveau d'éducation auraient un taux de mortalité standardisé sur l’âge et le sexe cinq fois plus élevé par rapport aux individus qui vivent dans un pays à haut revenu et ont un niveau d’éducation élevé : 16,0/1.000 versus 2,6/1.000 personnes-années. Des résultats similaires ont été retrouvés pour les maladies cardiovasculaires.
  • En analyse multivariée (ajustement sur le niveau d’éducation, les revenus du foyer, l’âge, le sexe, la vie urbaine ou rurale, et les maladies cardiovasculaires à l’inclusion), l’éducation s’est révélée être le critère indépendant le plus fortement associé au risque de mortalité totale : hazard ratio (HR) pour la mortalité totale du plus faible niveau d’éducation versus le plus élevé égal à 2,76, 1,80 et 1,50, respectivement pour les pays à revenus faibles, moyens et élevés (pinteraction
  • Des résultats similaires ont été constatés pour le risque de maladies cardiovasculaires : HR 2,23, 1,59 et 1,23 respectivement (pinteraction
  • L’hypertension et le diabète constituaient les facteurs de risque associés les plus importants de maladies cardiovasculaires et de mortalité.
  • Quelques éléments pourraient expliquer les différences de mortalité. Notamment, dans les pays à revenu élevé, la prise en charge médicale ne variait pas en fonction du niveau d’éducation, ce qui n’était pas le cas des pays à revenu moyen et faible. Autre point, si 77% des individus des pays à haut revenu ayant une maladie cardiovasculaire à l’inclusion prenaient au moins un traitement de prévention secondaire, ils n’étaient plus que 40% dans les pays à revenu moyen et 16% dans les pays à faible revenu. Enfin, l’arrêt du tabac et une alimentation saine était plus fréquents chez les individus qui avaient un haut niveau d’éducation, quel que soit le niveau de revenu du pays. En revanche, la pratique d’un haut niveau d’activité physique était plus fréquent chez ceux qui avaient un faible niveau d’éducation dans les pays à faible revenu, mais aucune interaction significative n’a été mise en évidence vis-à-vis du niveau d’éducation ou du niveau de revenu du pays. 

Principales limitations

La compilation de données provenant de pays culturellement et socialement très différents peut constituer une limitation à ces analyses et certaines données renseignées notamment par questionnaires peuvent avoir été sous-évaluées.