L’estime de soi, levier de l’ETP pour améliorer la qualité de vie des patients bipolaires?


  • Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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À retenir

Si l’apport de l’éducation thérapeutique (ETP) auprès des personnes souffrant de troubles bipolaires semble modeste en termes de qualité de vie, l’estime de soi constituerait un élément important autour duquel articuler les modalités d’accompagnement et de soins.

Ce résultat, issu d’une étude pilote menée auprès d’une vingtaine de patients suivis au sein du CHU Nantes, invite à la constitution de nouveaux travaux dans lesquels la cohorte serait plus importante et dotée d’un groupe contrôle.

Pourquoi cette étude est-elle intéressante ?

La qualité de vie des personnes souffrant de troubles bipolaires est altérée, même en période d’euthymie. Différentes études, ont rapporté le bénéfice des approches psycho-éducatives sur différents volets de la maladie : prévention des rechutes, amélioration de l’observance... Cette étude pilote visait à mesurer si les différents volets d’un programme d’ETP proposé à des patients adultes permettaient d’améliorer la qualité de vie ainsi que le fonctionnement, l’estime de soi et l’état thymique.

Méthodologie

Les patients retenus dans cette étude devaient être âgés de 18 à 70 ans. Ils participaient à un programme d’ETP constitué de 8 séances collectives réparties toutes les 1 à 2 semaines. Un entretien téléphonique de 45 minutes avant et après le programme a été mené avec chacun des participants, afin d’évaluer notamment le fonctionnement global et la situation thymique. Des auto-questionnaires étaient adressés avant et après le programme (échelle de qualité de vie WHOQOL-Bref, estime de soi de Rosenberg, évaluation globale du fonctionnement EGF, dépression HDRS, manie YMRS).

Principaux résultats

  • Au total, 18 patients (14 femmes, âge moyen 43 ans) ont participé, dont 55,6% de troubles de type 1, et ont assisté à 6,7 séances en moyenne.

  • Une amélioration de la qualité de vie statistiquement non significative a été notée après le programme (score WHOQOL : 60 vs 55 sur 100).

  • Par rapport à la période le précédant, l’estime de soi était améliorée à l’issue du programme, y compris après ajustement sur les scores de fonctionnement, de dépression ou de manie.

  • L’amélioration de la qualité de vie des patients grâce à l’ETP apparaissant associée au score d’estime de soi, et le niveau de qualité de vie final était d’autant plus élevé que le score de dépression était bas.