L’espérance de vie pourrait se mesurer à la force du poignet…

  • Celis-Morales CA & al.
  • BMJ
  • 8 mai 2018

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir 

Cette étude de grande envergure montre que la diminution de la force de préhension de 5 kg est inversement associée à la mortalité toutes causes, la mortalité cardiovasculaire, la mortalité par maladie respiratoire et par BPCO, ainsi qu’à la mortalité par cancer, tous cancers confondus, et spécifiquement le cancer colorectal, celui du poumon et du sein. En revanche, aucune association n’a été démontrée avec le cancer de la prostate. Par ailleurs, l’augmentation de la force de préhension améliorerait le score d’espérance de vie habituellement basé sur l’âge, le sexe, le tabagisme, la pression artérielle, la présence d’un diabète et l’IMC. D’autres études sont maintenant nécessaires pour évaluer comment la force de préhension pourrait avoir une utilité en pratique clinique quotidienne.

Pourquoi est-ce important ?

Le muscle constitue le principal réservoir de protéines et reflète la condition physique d’un individu. La masse musculaire est notamment diminuée en cas de cachexie liée à une maladie chronique comme un cancer, une maladie respiratoire, rénale chronique, etc. Récemment l’étude PURE1a montré que la force de préhension était inversement associée à la mortalité toutes causes, la mortalité cardiovasculaire et non cardiovasculaire, en revanche aucune association significative n’a été mise en évidence avec les maladies respiratoires et la BPCO. Par ailleurs la même étude a montré une association inverse entre la force de préhension et l’incidence des cancers dans les pays à hauts revenus, mais pas dans les pays à revenus moyens ou faibles. L’augmentation de la force de préhension améliorerait la prédiction de l’espérance de vie en fonction de l’âge et du sexe. L’étude mentionnée ici présente l’intérêt d’évaluer ces associations sur une très large cohorte de patients en fonction de l’âge et du sexe.

Principaux résultats

Parmi les 502.293 sujets inclus (54% de femmes), 13.322 (2,7%) sont décédés au cours du suivi moyen de 7,1 ans [5,3-9,9], dont 0,6% (n=3.033) de cause cardiovasculaire, 0,4% (n=2.062) de maladie respiratoire et 1,1% (n=5.738) de cancer. Les individus du quartile le plus faible en force préhension étaient plus démunis financièrement, et présentaient une prévalence plus élevée de tabagisme, d’obésité et de comorbidités (incluant le cancer, le diabète, les maladies cardiovasculaires, les maladies chroniques, la dépression et l’hypertension) que ceux du quartile le plus élevé. Le hazard ratio de la mortalité toutes causes confondues et de la mortalité spécifique était plus élevé pour une diminution de la force de préhension de 5 kg chez les hommes et les femmes. En effet, le HR était respectivement pour les femmes et pour les hommes de 1,2 et 1,16, p

Principales limitations

Les données sont issues de la UK Biobank et sont relativement représentatives de la population générale en termes d’âge, de sexe, d’origine ethnique, et de statut socioéconomique, mais seulement partiellement en termes de style de vie.