L’éradication d’Helicobacter pylori favorise-t-elle la survenue d’une œsophagite ?

  • Mazzoleni F & al.
  • Int J Obes (Lond)
  • 13 juin 2019

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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À retenir

Le suivi à 12 mois d’une cohorte initialement traitée pour dyspepsie liée à une infection à Helicobacter pylori ( H. pylori ) par oméprazole seul ou associé à une antibiothérapie spécifique permet de préciser les facteurs associés à un risque de développer une œsophagite : si l’éradication de la bactérie ne semble pas y être corrélée, le fait de présenter à la fois un IMC et un tour de taille élevés est, en revanche, associé au risque d’œsophagite. Les patients présentant un IMC élevé associé à un tour de taille normal et ceux présentant une masse grasse corporelle élevée ne seraient pas exposés à ce sur-risque.

Si les liens de causalité ne sont pas démontrés par ce type d’étude, il est possible que les modifications anatomiques liées au surpoids et à la graisse abdominale soient impliquées dans les relations décrites ici.

Pourquoi cette étude a-t-elle été menée ?

Plusieurs hypothèses sont avancées pour expliquer l’augmentation régulière de la prévalence de l’œsophagite ces dernières années, comme l’éradication d’ H. Pylori ou l’accroissement de l’IMC moyen, mais les différentes études disponibles sur ce sujet ont des résultats contradictoires. Les auteurs de l’étude HEROES ( Helicobacter Eradication Relief Of Dyspeptic Symptoms ) ont analysé leurs données de suivi à 12 mois post-traitement dyspeptique et antibiotique.

Méthodologie

HEROES est une étude monocentrique qui a été menée auprès de tous les patients de 18 ans ou plus consécutivement reçus pour infection à H. pylori et dyspepsie fonctionnelle : ils avaient été enrôlés et traités après randomisation par oméprazole 20 mg pendant 10 jours seul ou associé à une antibiothérapie (amoxicilline 1.000 mg, clarithromycine 500 mg). Ils avaient bénéficié d’une endoscopie gastro-intestinale et de biopsies gastriques à l’inclusion et à 12 mois post-traitement.

Principaux résultats

  • Au total, les groupes antibiotique et témoin ont inclus 201 et 203 sujets (âge moyen 46 ans, 76,6 et 80,8% de femmes respectivement). Au total, respectivement 56,1% et 43,9% de l’ensemble de ces patients avaient un IMC élevé (≥25 kg/m²) ou normal

  • À l’issue des 12 mois, 11,4% et 92,6% des patients des groupes antibiotique et témoin présentaient une infection à H. pylori (p H. pylori (13,5% vs 8,7%, p=0,14).

  • Selon les analyses de régression logistique, le tour de taille et l’IMC élevés étaient associés à l’œsophagite lorsqu’ils étaient tous les deux présents (OR=2,88 [1,28–6,45]). Après correction selon l'âge et le sexe, une augmentation de 1 kg/m² de l'IMC de sujets ayant un tour de taille élevé augmentait le risque d’œsophagite de 3,1%, tandis qu’une augmentation de 5 cm du tour de taille accroissait ce risque de 4,1% en cas d’IMC élevé.

Principales limitations

La population incluse était majoritairement féminine et la puissance statistique de l'étude a pu être limitée.