L’épidémie de COVID-19 aura-t-elle une influence sur les chiffres de natalité ?


  • Caroline Guignot
  • Actualités Médicales
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Messages principaux

  • Un tiers des personnes interrogées qui avaient un désir d’enfant avant le confinement écartent désormais l’idée, mais une personne sur 10 qui n’en avait pas le désir a désormais envie de bâtir ce projet.

  • La pandémie de COVID-19 pourrait avoir un impact sur le désir de devenir parent, et donc sur les courbes futures de natalité, selon une enquête italienne.

L’épidémie de COVID-19 et les mesures de confinement peuvent avoir un impact significatif sur la qualité de vie, la santé mentale et le niveau économique. Ces différents paramètres peuvent avoir modifié le souhait ou les projets de parentalité des personnes vivant en couple stable. La peur du virus et de ses conséquences pour sa propre santé, le suivi d’une grossesse ou la santé de l’enfant à naître peuvent aussi jouer un rôle particulier sur les projets personnels. À l’inverse, la diminution du stress lié au travail et aux rythmes de vie habituels, le fait de partager du temps en couple et le souhait de construire un projet de vie positif dans cette période pourraient avoir l’effet inverse. Afin, d’évaluer les tendances liées à ce bouleversement, une équipe italienne a établi une enquête en ligne auprès de personnes âgées de 18 à 46 ans et vivant une relation hétérosexuelle stable depuis au moins 12 mois. Cette enquête a été réalisée au cours de la troisième semaine du confinement.

Une majeure partie n'a pas ou plus de projet de parentalité

Au total, 1.482 personnes ont répondu dont 944 femmes (63,7%) majoritairement âgées de 31 à 46 ans (65,6%) et diplômées d’études supérieures (63,8%). Elles n’avaient, en majorité, aucun enfant (60,9%) ou 1 enfant (19,2%). Les deux tiers avaient cessé de travailler à l’extérieur (69,2%) et passaient plus de 12 heures par jour à la maison avec leur partenaire depuis le début du confinement (65,2%). Si 54,1% ne présentaient aucune évolution de leurs revenus mensuels, 20,4% déclaraient une baisse de plus de 50%. L’ensemble de la cohorte a déclaré une diminution moyenne du bien-être depuis le début du confinement.

Sur l’ensemble de la cohorte, 18,1% des participants prévoyaient d'avoir un enfant avant la pandémie : parmi eux, 37,3% ont abandonné l’idée durant le confinement, sans différence entre les hommes et les femmes, et essentiellement par peur des conséquences de la grossesse ou des difficultés économiques (58% d’entre eux pour chacun). Dans 82% des cas, les deux partenaires étaient d’accord.

À l’inverse, parmi ceux qui n’avaient pas de projet de parentalité (n=1.214), 11,5% ont développé le désir d'être parent pendant le confinement, majoritairement des femmes. Les principales raisons évoquées étaient l’envie de changer quelque chose dans sa vie (50%) et le besoin de positivité (40%). Pour autant, seuls 4,3% d'entre eux essayaient activement de concrétiser ce souhait.

Dans les deux groupes, environ 60% n’ont pas signalé une diminution de la fréquence de leurs relations sexuelles.

Aussi, il est possible que la pandémie de COVID-19 ait un impact sur le désir de devenir parent, principalement du fait des craintes économiques qui en découlent.