L’EPA/DHA et vitamine D diminuent le risque de fibrillation atriale : vraiment ?

  • Albert CM & al.
  • JAMA

  • Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte. L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte.

À retenir

Une récente publication de la revue JAMA apporte de nouvelles informations sur l’intérêt des acides gras oméga 3 (eicosapentanoïque – EPA – et docosahexaénoïque – DHA, issus de produits de la mer) et de la vitamine D sur l’incidence de la fibrillation atriale (FA) à partir de données issues d’une large étude randomisée. Portant sur plus de 25.000 individus traités durant environ 5 ans, cette étude ne met en évidence aucune différence significative entre ces traitements et un placebo et ne permet donc pas de soutenir l’intérêt d’une supplémentation par EPA-DHA (460mg-380mg/j) ou vitamine D (2.000 UI/j) dans le but de diminuer le risque de FA.

Pourquoi ces résultats sont-ils intéressants ?

Compte tenu de l’augmentation de l’incidence de la fibrillation atriale et de son association avec certains évènements cardiovasculaires (accident vasculaire cérébral, thrombose, insuffisance cardiaque congestive, …), il serait fort utile de mettre en place des mesures de prévention primaire applicables à une large population. Des études observationnelles ont mis en évidence que de faibles taux sanguins en acides gras oméga 3 et en vitamine D étaient associés à un risque plus important de FA. À partir de là, des études cliniques randomisées de supplémentation ont été mises en place. Leurs résultats mènent cependant à des conclusions contradictoires, d’où l’intérêt d’une étude de grande envergure menée sur plusieurs années.

Méthodologie

Cette étude ancillaire américaine utilisant un plan factoriel 2x2 a inclus 25.119 individus de 50 ans et plus sans atteinte cardiovasculaire, cancer ou FA. Ces sujets ont été recrutés par courriel entre novembre 2011 et mars 2014. Ils ont été répartis en quatre groupes : 6.272 individus ont reçu de l’EPA/DHA (respectivement 460 mg/j et 380 mg/j) ainsi que de la vitamine D (2.000 UI/j), 6.270 de l’EPA/DHA et un placebo, 6.281 de la vitamine D et un placebo et enfin 6.296 un double placebo.

Résultats

Sur l’ensemble des individus inclus (âge moyen 66,7 ans, 50,8% de femmes), 96,1% ont terminé l’essai. Selon les groupes, 80 à 82% des sujets ont pris au moins deux tiers des traitements. Sur un suivi médian de 5,3 ans, 3,6% des individus ont développé une FA. Par rapport au placebo, ni un traitement par EPA-DHA, ni un traitement par vitamine D n’a permis de diminuer significativement le risque de FA (hazard ratio 1,09, p=0,19 dans les deux cas).

Principales limitations

Les formes de FA asymptomatiques ou de courte durée n’ont pas été détectées.