L’endométriose, cette grande inconnue


  • Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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L’endométriose correspond à la présence de tissu de type endométrial à l’extérieur de l’utérus. Les connaissances actuelles la concernant sont basées sur les cas diagnostiqués, accédant donc aux soins. De ce fait, il se pourrait que les caractéristiques cliniques de la maladie, son épidémiologie et les facteurs qui lui sont associés évoluent dans les années à venir. Sa prévalence est estimée à environ 10% des femmes en âge de procréer. D’autres chiffres indiquent qu’elle concernerait 49% des adolescentes ayant des douleurs pelviennes chroniques et 75% de celles qui ne répondent pas aux traitements. Si elle n’a pas systématiquement de conséquences sévères, elle peut cependant altérer fortement le bien-être physique, mental et social de certaines femmes.

 

Que sait-on de l’histoire naturelle de l’endométriose ?

Celle-ci n’est pas connue précisément, et aucune donnée ne permet de documenter la progression ou la régression des lésions. 

Quels en sont les symptômes évocateurs ?

La symptomatologie est très hétérogène. Des femmes au stade I – défini selon l’American Society of Reproductive Medicinepar un nombre limité de lésions et peu d’adhérences – peuvent présenter des douleurs intenses et/ou une infertilité, alors que des femmes au stade IV peuvent être asymptomatiques. Les symptômes, leur gravité, leur récurrence, la réponse aux traitements ou le pronostic ne sont donc pas en corrélation avec l’anatomopathologie de l’endométriose. 

La douleur est de type inflammatoire ou neuropathique, parfois persistante après excision des lésions. Dans 30% des cas environ, les douleurs pelviennes chroniques ne répondent pas aux traitements conventionnels. Environ un tiers des femmes souffrant d’endométriose sont stériles. En dehors des douleurs pelviennes chroniques, des dysménorrhées, la maladie induit bien d’autres symptômes qu’il faut savoir rechercher et prendre en charge, notamment la dyspareunie profonde, la dysurie, la dyschésie, la fatigue, la stérilité, des troubles mentaux, sexuels. L’examen clinique (gynécologique si possible), l’échographie pelvienne et l’IRM sont les examens de première intention avant une prise en charge spécialisée.

Quelles sont les associations constatées ?

Certaines données – sans évoquer de notion de causes ou de conséquences - soulignent la présence d’associations entre la présence d’une endométriose et l’exposition au diethylstilbestrol, un petit poids de naissance, l’apparition précoce des règles, des cycles menstruels courts, un faible indice de masse corporelle, une faible parité. Des données relativement robustes montrent que les femmes souffrant d’endométriose seraient plus à risque d’adénocarcinome à cellules claires, et d’autres données, moins robustes, suggèrent une association entre l’endométriose et le risque de mélanome, de lymphome non hodgkinien, de cancer de la thyroïde et de l’endomètre. 

En connaît-on la cause ?

À l’heure actuelle on ne sait pas si les menstruations rétrogrades, la métaplasie cœlomique, les métastases lymphatiques et vasculaires sont des facteurs causaux ou des caractéristiques physiopathologiques Des dysfonctionnement immunitaires et inflammatoires sont également constatés, de nouveau sans que l’on sache s’ils sont à classer du côté des causes ou des conséquences. Certains facteurs héréditaires sont également évoqués.

Une pathologie largement sous-diagnostiquée

La plupart des femmes diagnostiquées à l’âge adulte indiquent qu’elles ressentent des douleurs pelviennes depuis leur adolescence. Elles consulteraient en moyenne sept médecins avant que le diagnostic soit porté. Aux États-Unis, le coût des soins de santé liés à l’endométriose serait similaire à celui d’autres pathologies chroniques comme le diabète de type 2 ou la maladie de Crohn.

Le traitement de l’endométriose douloureuse

La prise en charge fait appel à un traitement hormonal (notamment administration de d’oestroprogestatifs, de progestatifs seuls ou d’agonistes de la GnRH). Un traitement antalgique peut venir compléter la prise en charge. En cas d’échec, un traitement chirurgical peut être envisagé. La prise en charge multidisciplinaire intégrant le bien-être mental est un atout pour améliorer la qualité de vie des femmes. Des traitements sont en cours d’évaluation. Le recours aux thérapies complémentaires – notamment par acupuncture, modification de l’alimentation pour diminuer l’inflammation – est important en complément.