L’EMA confirme l’innocuité des IEC et ARA2 dans le COVID

  • Aude Lecrubier

  • Nathalie Barrès
  • Actualités Médicales par Medscape
L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte. L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte.

Amsterdam, Pays-Bas— Alors que l’une des études qui avait permis de rassurer sur l’innocuité des antihypertenseur à base d’inhibiteurs de l’enzyme de conversion de l’angiotensine (IEC) et de bloqueurs des récepteurs de l’angiotensine II (ARA2) dans le contexte du COVID-19 a été rétractée par le New England Journal of Medicine la semaine dernière, l’Agence européenne du médicament (EMA) a tenu à repréciser dans un communiqué en date du 10 juin, qu’à la lumière de l’ensemble des données désormais acquises, ces deux classes médicamenteuses n’augmentent pas le risque d’être infecté et atteint d’une forme grave de Covid-19 et qu’elles ne sont pas associées à un plus mauvais pronostic [1].

L'EMA réitère donc son avis précédent selon lequel « les patients doivent continuer à utiliser les IEC et les ARA2, comme conseillé par leur médecin ».

Pour rappel, l’inquiétude vis-à-vis de ces traitements est venue du fait que le coronavirus SARS-CoV-2 se lie à l’enzyme de conversion de l’angiotensine 2 (ACE2) pour infecter les cellules, et que les IEC et les ARA II augmentent tous les deux les taux de ACE2.

Il a donc été postulé que ce mécanisme pourrait constituer un potentiel facteur de risque facilitant l’acquisition de l’infection à Covid-19 et aggravant sa gravité. Néanmoins, de façon paradoxale, l’hypothèse a aussi été émise que cela puisse protéger d’une atteinte sévère des poumons associée à la maladie.

Un avis qui repose sur 20 études

Dans le cadre de la surveillance continue de la sécurité des médicaments, 20 études récemment publiées sur l'utilisation des IEC et des ARA2 pendant la pandémie de Covid-19 ont été examinées et ont montré que les préoccupations concernant leurs possibles effets délétères dans le Covid-19 ne sont pas étayées par les dernières données de la littérature [2,3,4,5,6,7,8,9,10,11,12,13,14,15,16,17,18,19,20,21].

L'EMA précise qu’elle continuera, en lien avec l'UE, de surveiller les données disponibles et émergentes sur l'utilisation des médicaments pendant la pandémie de Covid-19 en cours.

Cet article a été publié initialement sur Medscape.fr