L’élimination du VHC pour les populations à risques


  • Editorial
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Les politiques de « macro-élimination » (prise en charge thérapeutique des patients dans le système de soins) éliminent le virus de l’hépatite C (VHC) dans les populations diagnostiquées les plus accessibles qui se présentent dans les centres de soins (1-3).

L’élimination du VHC n’est envisageable que si les « populations à risque » sont efficacement ciblées. Cela suppose des politiques de micro-élimination. Si la guérison sera « facilement » obtenue chez les hémophiles ou hémoglobinopathes, les insuffisants rénaux, les sujets infectés par le virus de l'immunodéficience humaine (VIH) ou les vétérans, populations déjà identifiées et ayant un suivi médicalisé, elle sera plus difficile à obtenir dans les « populations à risques » plus loin du système de soins : prisonniers, migrants, usagers de drogues substitués ou non et hommes qui ont des relations sexuelles avec les hommes (HSH).

Ces situations se caractérisent par un «burn-out» diagnostique et thérapeutique (cinq fois plus d’infections virales C que de diagnostic et cinq fois moins de guérison que de nouvelles infections dans de nombreux pays)(4) alors que les études ont montré la même efficacité des antiviraux directs dans ces populations (5) que dans la population générale.

Dans la cascade de soins, les limitations à l’élimination sont principalement liées au dépistage de l’infection virale C et à l’accès aux soins.

Il convient de délocaliser la prise en charge du dépistage par des tests « point of care » autorisant une politique de « test and treat » qui permettront, sur les lieux de vies ou de soins de ces populations spéciales, l’initiation de traitements efficaces et bien tolérés (6).

A titre d’exemple le traitement des hépatites aiguës chez les HSH infectés par le VIH permet une réduction de 50% des nouvelles infections et ceci s’applique aussi aux prisons (7). Une délocalisation des soins impliquant les acteurs de terrain (infirmières, intervenants en santé et des travailleurs sociaux) permet d’espérer ces guérisons parallèlement à la cascade de soins : des politiques de réductions des risques par l’éducation, des programmes d’échanges de seringues et aussi l’éducation à la santé sont indispensables pour atteindre l’espoir d’élimination (8).

 

Professeur Stanislas Pol