L’efficacité des antidépresseurs dépend des autorécepteurs des neurones sérotoninergiques


  • Serge Cannasse
  • Univadis Actualités Médicales
L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte. L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte.

Les ISRS (inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine), dont le chef de file est la fluoxétine, agissent par inhibition du transporteur de recapture de la sérotonine (SERT), ce qui aboutit à l’augmentation de ce neurotransmetteur dans la fente synaptique. Cette augmentation rend compte de leur activité antidépressive. Cependant, celle-ci n’est pas présente chez environ 30% des patients. Pour comprendre cette résistance, la recherche s’oriente actuellement sur les récepteurs sérotoninergiques pré-synaptiques, qui moduleraient la quantité de sérotonine dans la fente synaptique, soit positivement (augmentation), soit négativement (diminution).

Une équipe française (INSERM – Sorbonnes UPMC) s’est intéressée à certains d’entre eux, les récepteurs 5-HT2B. Elle a montré que chez la souris, l’activation de ces récepteurs augmentait l’activité des neurones sérotoninergiques et contrecarrait l’action des récepteurs pré-synaptiques 5-HT1A, dont l’activation induit une diminution de l’activité de ces neurones.

La suppression des récepteurs 5-HT2B par manipulation génétique de souris diminue l’activité des neurones sérotoninergiques et empêche l’apparition des effets antidépresseurs de la fluoxétine.

Il est donc de plus en plus manifeste que l’activité des neurones sérotoninergiques est le résultat d’un équilibre entre récepteurs autorégulateurs « positifs », tels que le 5-HT2B, et autorégulateurs « négatifs », comme le 5-HT1A. Leur activité globale pourrait rendre compte des variations dans l’efficacité des médicaments de la classe des ISRS.