L’efficacité de l’immunothérapie anticancéreuse est-elle sexe-dépendante ?

  • Conforti F & al.
  • Lancet Oncol
  • 16 mai 2018

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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À retenir

  • Le traitement par un inhibiteur des points de contrôle immunitaires (ipilimumab, tremelimumab, nivolumab, pembrolizumab) offrirait une meilleure survie globale aux hommes qu’aux femmes atteints de cancer au stade avancé ou métastatique : les conclusions de la méta-analyse conduite à partir de 20 études cliniques randomisées, ayant rassemblé 11.351 patients, montre un hazard ratio poolé lié au décès de 0,72 pour les hommes traités, versus contrôle, contre 0,86 chez les femmes. Le HR d’interaction entre les HR des hommes et celui des femmes était de 0,85.
  • Ce travail présente l’intérêt d’avoir réuni un nombre important de patients, pré-requis indispensable pour avoir une puissance statistique nécessaire. Désormais, des travaux prospectifs sont indispensables pour confirmer ces conclusions. Pour autant, ils suggèrent d’ores et déjà que la prise en compte du bénéfice-risque d’un traitement d’immunothérapie antitumorale soit apprécié selon le sexe du patient et que les futurs essais cliniques incluent suffisamment de femmes pour éviter de transposer des résultats qui seraient plus spécifiques des hommes.
  • L’éditorial accompagnant ce travail invite à rester prudent sur ces conclusions, dans l’attente d’études prospectives, dans la mesure où des facteurs confondants ont pu être omis, notamment du fait que le sexe et le comportement ou l’hygiène de vie sont souvent corrélés.

Pourquoi est-ce important ?

Il est admis qu’il existe un dimorphisme sexuel du système immunitaire. Par ailleurs, ce dimorphisme pourrait aussi exister au niveau de la biologie de la tumeur et des facteurs de vie influençant l’efficacité des traitements antitumoraux (tabagisme, protection solaire…). Une précédente méta-analyse, ayant inclus un nombre inférieur d’études et de patients, s’était intéressée à l’influence du sexe sur l’efficacité de l’immunothérapie mais ses conclusions étaient négatives, probablement par manque de puissance statistique. Aussi, il était intéressant de conduire une étude de plus large envergure.

Principaux résultats

  • Au total, 20 études cliniques randomisées ayant comparé les anti-PD-1 et/ou les anti CTLA-4 (ipilimumab, tremelimumab, nivolumab, pembrolizumab) seuls ou en association à d’autres options de traitement ont été incluses dans l’analyse. Elles ont rassemblé 11.351 patients (67% d’hommes, 33% de femmes) atteints de cancer au stade avancé ou métastatique dont 32% atteints de mélanome et 31% de CBNPC. L’âge médian était compris entre 56 et 66 ans et le suivi médian entre 5,1 et 54 mois.
  • La survie globale (critère principal d’évaluation) était supérieure chez l’homme : chez eux, le risque de décès associé à l’immunothérapie était associé à un hazard ratio poolé de 0,72 [0,65-0,79] versus contrôle. Chez les femmes, ce chiffre était de 0,86 [0,79-0,93] versus contrôle.
  • Le HR d’interaction entre les HR des hommes et celui des femmes était de 0,85 [0,77-0,94].
  • Les analyses en sous-groupes (histologie du cancer, ligne de traitement, nature de l’inhibiteur étudié) ont conduit aux mêmes conclusions.

Méthodologie

Les études incluses devaient être des études cliniques randomisées de phase 2 ou 3 et étaient parues entre 2010 et novembre 2017.