L’effet blouse blanche est-il si anodin ?

  • Cohen JB & al.
  • Ann Intern Med
  • 11 juin 2019

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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À retenir

Une nouvelle méta-analyse confirme que des sujets sans antihypertenseurs présentant un effet blouse blanche lors du dépistage de l’hypertension artérielle (HTA) au cabinet médical présentent un risque élevé d’évènements d’origine cardiovasculaire, par rapport à une personne normotendue sans effet blouse blanche. Elle montre également pour la première fois qu’il existe un risque élevé de décès cardiovasculaire et de décès toutes causes confondues. Ceci est lié au modèle statistique utilisé, plus adapté, et à l’inclusion d’études ayant évalué des patients tout venant (diabète, insuffisance rénale) au contraire des précédentes méta-analyses menées sur le sujet. À l’inverse, les sujets hypertendus et contrôlés par antihypertenseurs en ambulatoire n’avaient pas de sur-risque cardiovasculaire distinct, qu’ils présentent ou non un effet blouse blanche au cabinet médical. Il était intéressant de noter que le risque encouru par les premiers était différent selon l’âge des patients, la durée du suivi ou la prise en considération des AVC dans la définition des évènements cardiovasculaires.

Ce résultat souligne un peu plus l’importance de surveiller les patients normotendus en ambulatoire et présentant un effet blouse blanche, du fait du risque accru de développer une HTA ultérieure. Cette étude serait intéressante à reproduire pour évaluer certains risques cardiovasculaires spécifiques ou pour évaluer si certains groupes de patients (dépendant de l’origine ethnique notamment) peuvent être exposés différemment à ce risque.

Méthodologie

La méta-analyse a inclus des études parues jusqu’en décembre 2018 dans lesquelles un suivi d'au moins trois ans était disponible pour une population à effet blouse blanche comparativement à une population contrôle.

Principaux résultats

  • Au total, la méta-analyse a pris en compte 27 études, soit 25.786 personnes présentant un effet blouse blanche et traitées ou non par antihypertenseurs. Ces individus étaient comparés à 38.487 personnes normotendues (43-72 ans, âge moyen 56 ans) et suivis pendant 3 à 19 ans (médiane 8 ans).

  • Par rapport aux normotendus, les sujets non traités présentant un effet blouse blanche avaient un risque d'événements cardiovasculaires accru (HRa 1,36 [1,03-2,00]). De plus, le risque de mortalité toutes causes confondues (1,33 [1,07-1,67]) et de mortalité cardiovasculaire était également accru (2,09 [1,23-4,48]). Lorsque les études comportant des sujets normotendus sous traitement étaient écartées, ces associations étaient renforcées. Les analyses ont parallèlement décrit que ces patients, lorsqu’ils présentaient un effet blouse blanche, n’avaient pas de risque spécifique en termes d’évènements cardiovasculaires, de mortalité toutes causes confondues ou d’origine cardiovasculaire par rapport à leurs homologues sans effet blouse blanche.

  • Enfin, lorsque les études utilisées dans l’analyse incluaient l'AVC, le risque encouru était affaibli (HR 1,26 [1,00-1,54]).