L’échographie peut prédire le risque de syndrome métabolique chez le sujet âgé

  • Hung CH et al.
  • International Journal of Gerontology
  • 12 juin 2018

  • Par Agnès Lara
  • Résumé d’articles
L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte. L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte.

À retenir 

Une équipe taïwanaise montre que la mesure de la graisse viscérale, basée sur la mesure de l’espace entre le foie et le rein par échographie, peut constituer un test simple et fiable pour prédire la survenue d’un syndrome métabolique chez le sujet âgé. La valeur prédictive de ce test paraît supérieure à la celle d’une augmentation de l’échogénicité hépatique par rapport à celle du rein. Cette mesure pourrait aider à évaluer rapidement le risque cardio-vasculaire à l’occasion d’un bilan échographique réalisé dans d’autres contextes (cancer, surveillance d’hépatite, …).

Pourquoi cette étude a-t-elle été réalisée ?

Avec le vieillissement de la population, la prévalence du syndrome métabolique (SM) est en augmentation rapide. La mesure du tour de taille est un premier élément de diagnostic en donnant une indication de la graisse sous-cutanée et viscérale. Sachant que la seconde est plus particulièrement liée au développement d’un SM, sa mesure peut-être réalisée de façon plus précise par différentes techniques incluant l’échographie, le scanner, l’IRM ou l’impédance bio-électrique. L’échographie est plus facilement accessible tout en évitant l’exposition aux radiations. Plusieurs techniques ont été développées dans cet objectif et ont montré des résultats prometteurs. Se basant sur le fait que chez les sujets obèses, la graisse s’accumule autour du rein, augmentant l’espace entre le rein et le foie, une équipe taïwanaise vient de développer une nouvelle méthode de mesure de la graisse viscérale et a évalué sa capacité à prédire la survenue d’un SM chez les sujets âgés.

Méthodologie

  • L’étude a inclus une cohorte de validation de 317 patients d’âge moyen 45,3 ans ayant subi un examen médical de routine et une cohorte de test comprenant 72 adultes de plus de 65 ans (âge moyen 66 ans) à partir des patients ambulatoires de l’hôpital Memorial MacKay entre janvier et juillet 2016.
  • Les données démographiques et anthropométriques ont été recueillies et les patients ont été classés avec ou sans SM à partir des critères du National Cholesterol Education Program Adult Treatment Panel III (NCEP ATP III), jugés plus adaptés aux sujets d’origine asiatique. La présence d’au moins 3 des facteurs suivants était requise pour le diagnostic : obésité abdominale (tour de taille > 90 cm chez les hommes et 80 cm chez les femmes), hypertriglycéridémie (≥1,7 mmol/L ou 150 mg/L), faible taux de HDL cholestérol (≤1,03 mmol/L ou 40 mg/dL), pression artérielle élevée (PAS ≥130 mmHg et/ou PAD ≥ 85 mm Hg) ou utilisation d’antihypertenseurs, glycémie à jeun élevée (≥6,1 mmol/L ou 108 mg/dL) ou prise d’un traitement anti-hyperglycémiant.
  • L’examen échographique a mesuré l’espace entre le bord inférieur du foie et le  rein à 3 reprises et la mesure a été confirmée par deux autres opérateurs. Le niveau de stéatose hépatique était également évalué par mesure de l’échogénicité hépatique par rapport au rein.

Résultats

  • À partir de la cohorte de validation, la présence ou l’absence d’espace entre le foie et le rein ont été déterminées chez 203 hommes et 114 femmes dont le tour de taille était anormal. La présence d’un espace entre foie et rein de 4 mm était la plus prédictive d’un SM (aire sous la courbe 0,63).
  • Dans la cohorte test de sujets âgés et en prenant ce seuil comme référence (>4mm), de la graisse viscérale a été identifiée entre chez 37,5% des 72 patients, avec une prévalence plus importante chez les hommes que chez les femmes (81,5% vs 48,9%).
  • Un SM a pu être diagnostiqué chez 33,3% des sujets âgés, représentant 52,9% des sujets avec graisse viscérale, contre 22,2% seulement chez ceux qui n’en avaient pas. Ceux qui avaient de la graisse viscérale avaient aussi un IMC et un tour de taille plus élevés.
  • La sensibilité et la spécificité du test à prédire un SM était respectivement de 0,58 et de 0,73. La valeur prédictive était de 68,1% par mesure de la graisse viscérale et de 59,6% par échogénicité hépatique (vs rénale).

Limitations

La mesure de la distance foie rein ne renseigne pas sur la distribution, ni sur le volume total de la graisse viscérale.

Par ailleurs, le caractère transversal de l’étude ne permettait pas de vérifier que la distance foie rein variait bien avec la perte de poids et le risque de SM.