L'asthme non contrôlé : à prendre vraiment au sérieux

  • Dr Claude Leroy

  • Actualités Médicales par MediQuality
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16/11 - A l'occasion de l'enquête réalisée par MediQuality au sujet de l'asthme, on relève notamment qu'environ un de vos patients asthmatiques sur 10 présente des symptômes plus de 2 fois par semaine. La moitié de vos patients en souffriraient même au moins 2 fois par mois, soit une fois par quinzaine en moyenne. De fait, le contrôle général de l'asthme est sous-optimal pour de nombreux malades malgré l'existence de traitements efficaces.

Les directives GINA (Global INitiative for Asthma) stipulent que pour évoquer un bon contrôle de l'asthme, le patient doit :
1) ne présenter des symptômes qu'au maximum deux fois par semaine,
2) ne pas être limité dans ses activités quotidiennes,
3) utiliser des médicaments de secours au maximum deux fois par semaine,
4) avoir une fonction respiratoire normale, et
5) ne pas présenter d'exacerbation de la maladie.
 
Un problème mondial
En Europe, plusieurs études suggèrent que le niveau de contrôle de l'asthme est bien en deçà des objectifs de la GINA. L'étude Asthma Insights and Reality in Europe (AIRE), par exemple, a interrogé les membres de près de 3.000 ménages comptant au moins un patient asthmatique en France, en Allemagne, en Italie, aux Pays-Bas, en Espagne, en Suède et au Royaume-Uni. Elle a constaté que seul 5,3% d'entre eux répondaient aux critères GINA pour le contrôle de l'asthme. De plus, 18% des enfants et 11% des adultes ont déclaré s'être rendus au moins une visite aux urgences au cours des derniers mois, avec une hospitalisation dans 7% des cas. Peu de régions du monde sont épargnées par le phénomène, qui fait plus de 200.000 morts chaque année.
En 2016, une enquête réalisée en Belgique via 70 pharmacies et incluant 80 asthmatiques montrait que 45% d'entre eux manquaient de compliance thérapeutique, augmentant la fréquence des réveils nocturnes provoqués par la maladie et limitant les activités du quotidien. Une proportion significative de ces patients avouaient des craintes pas nécessairement justifiées au sujet de leur traitement chronique et de ses éventuels effets secondaires, ce qui souligne l'importance d'une bonne information.
Différents facteurs peuvent influencer le contrôle de l'asthme, comme l'existence d'apnées du sommeil, d'un reflux gastro-œsophagien ou même d'une simple rhinite. Et si l'autogestion des patients est influencée par leur perception de la maladie et de son traitement, d'autres facteurs extérieurs aux patients peuvent entrer en jeu, et la diffusion des directives GINA ne suffit pas toujours à les contrer entièrement. Ainsi, pénurie médicale aidant, les médecins peuvent ne pas être suffisamment en contact avec les patients asthmatiques pour suivre correctement leur état et leur donner (ou répéter) des directives adéquates et adaptées à leur cas.
 
Trois questions destinées à interpeller
Une méthode simple pour informer le patient sur sa situation éventuelle d'asthme non contrôlé consiste dans une "règle des deux fois". Il est concerné lorsqu'il répond affirmativement à l'une ou l'autre de ces trois questions : 
  • Avez-vous des symptômes d'asthme ou utilisez-vous votre inhalateur à action rapide plus de deux fois par semaine ?
  • Vous réveillez-vous la nuit avec des symptômes d'asthme plus de deux fois par mois ?
  • Devez-vous renouveler votre médicament de secours rapide plus de deux fois par an ?

Cet article a initialement été publié sur MediQuality.