L’association elbasvir–grazoprévir entraîne un taux de clairance > 90 % du VHC chez les patients sous traitement pour une addiction aux opioïdes

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À retenir

  • Un traitement de 12 semaines par l’association elbasvir–grazoprévir une fois par jour permet d’obtenir des taux de clairance > 90 % du VHC chez les utilisateurs de drogues injectables recevant un traitement par un agoniste opioïde (TAO), quelles que soient les habitudes d’utilisation en cours.

Conception de l’étude

  • Essai de phase III international (C-EDGE CO-STAR) portant sur 301 personnes infectées par le VHC, naïves de traitement, utilisant des drogues injectables et ayant un taux d’observance ≥ 80 % au TAO.
  • Les participants ont été affectés de manière aléatoire (rapport 2:1) à un groupe recevant un traitement immédiat (GTI) ou un groupe recevant un traitement différé (GTD ; après l’administration d’un placebo et une période de sevrage).
  • Les génotypes 1a (75,7 %), 1b (15 %), 4 (6 %) et 6 (3 %) du virus de l’hépatite C étaient représentés.
  • Le critère d’évaluation principal était la réponse virologique soutenue (RVS) 12 semaines après le traitement (RVS12).
  • Financement : Étude financée par Merck.

Principaux résultats

  • Les taux de RVS12 dans le GTI et le GTD durant la phase active étaient respectivement de 91,5 % (IC à 95 % : 86,8 %–95 %) et de 89,5 % (IC à 95 % : 81,5 %–94,8 %).
  • Les taux de réponse étaient comparables pour les génotypes 1 et 4 mais se sont avérés être nettement inférieurs pour le VHC-6.
  • Plus de 50 % des patients ont été testés positifs à des drogues à chaque visite ; des dépistages de drogues positifs à l’entrée dans l’étude ou durant le traitement n’ont pas eu d’influence sur l’observance (95,8 %–100 %) ou sur la RVS12, quel que soit le type de drogue.
  • Six patients sur 18 (33 %) avec virémie post-traitement ont présenté une probable réinfection ; leur inclusion comme patients ayant obtenu une réponse ferait passer le taux de RVS12 du GTI à 94 % (IC à 95 % : 89,8 %–96,9 %).
  • Les événements indésirables graves étaient rares (3,5 %–4 %) ; un arrêt du traitement a été constaté dans chaque groupe.

Limites

  • Aucune donnée sur les comportements en matière d’utilisation de drogues injectables.
  • La surveillance a peut-être favorisé l’observance.
  • Les résultats pourraient ne s’appliquer qu’aux utilisateurs de drogues dans le cadre de programmes de traitement de la toxicomanie.

Pourquoi est-ce important ? 

  • Il s’agit de la première étude sur les antiviraux à action directe (AAD) chez des patients utilisant activement des drogues à risque élevé d’abus.