L’aspirine aussi sûre et efficace que les autres anticoagulants après arthroplastie

  • Matharu GS & al.
  • JAMA Intern Med
  • 3 févr. 2020

  • Par Agnès Lara
  • Résumé d’articles
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À retenir

  • Une revue de la littérature et méta-analyse a recherché et analysé les essais contrôlés randomisés ayant évalué l’efficacité et la sécurité de l’aspirine en thromboprophylaxie post-arthroplastie de la hanche ou du genou.
  • Les résultats montrent que le risque de thromboembolisme veineux (thrombose veineuse profonde et embolie pulmonaire) des patients sous aspirine ne diffère pas de façon significative avec celui des patients traités par d’autres anticoagulants, confirmant ainsi l’aspirine comme une alternative thérapeutique coût-efficace dans cette indication.
  • Les principales études incluses dans l’analyse présentant des risques de biais élevés, de nouveaux essais contrôlés randomisés devront venir confirmer ces résultats.

 

Aspirine, héparine de bas poids moléculaire et anticoagulants oraux constituent les options thérapeutiques actuellement utilisées pour la thromboprophylaxie après arthroplastie totale de la hanche (ATH) ou du genou (ATG). La première présente l’avantage d’être bon marché et d’usage facile, mais les débats se poursuivent concernant le choix de l’option présentant le meilleur rapport bénéfice/risque et les dernières recommandations de l’American Academy of Orthopaedic Surgeons (AAOS, 2011) ne se sont pas prononcées en faveur d’une option plutôt qu’une autre en raison du manque de preuve. Quant aux dernières recommandations du NICE (National Institute of Health and Care Excellence) parues en 2018, elles considèrent l’aspirine comme une option possible après ATG, mais recommandent 10 jours d’héparine de bas poids moléculaire (HBPM) avant d’initier l’aspirine en cas d’ATH ou un anticoagulant oral (plus coûteux).

Évaluer le risque de thrombo-embolisme veineux post-opératoire de l’aspirine

Une revue systématique et méta-analyse britannique, intégrant notamment les résultats d’un nouvel essai contrôlé randomisé, vient d’évaluer l’efficacité et la sécurité de l’aspirine en thromboprophylaxie initiale après ces deux types d’interventions (ATH ou ATG) et publie ses résultats dans le JAMA Internal Medicine. Tous les essais contrôlés randomisés ayant évalué l’efficacité et la sécurité de l’aspirine (d’emblée ou après HBPM) en thromboprophylaxie chez des sujets âgés après ATH ou ATG ont été inclus, et le risque relatif agrégé de thromboembolisme veineux post-opératoire a été calculé. Treize essais, représentant 6.060 participants (63 ans d’âge âge moyen, 57% de femmes), ont ainsi pu être pris en compte dans la méta-analyse.

Des résultats équivalents à ceux des autres anticoagulants sur le plan de l’efficacité comme de la sécurité

Par comparaison aux autres anticoagulants (HBPM et HBPM + rivaroxaban), le risque relatif de thromboembolisme veineux (thrombose veineuse profonde et embolie pulmonaire) chez les sujets sous aspirine après ATH ou ATG était de 1,12 [0,78-1,62]. Des résultats similaires ont été retrouvés pour les thromboses veineuses profondes (RR 1,04 [0,72-1,51]) et les embolies pulmonaires (RR 1,01 [0,68-1,48]).

Sur le plan de la sécurité, le risque d’effets indésirables, et notamment de saignement majeur, d’hématome et d’infection de la plaie, n’était pas augmenté chez les patients recevant de l’aspirine par rapport à ceux recevant d’autres anticoagulants. L’analyse différentielle entre TAH et TAG n’a pas non plus permis de faire apparaître de différence entre aspirine et autres anticoagulants.